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Logement/En chiffres

L'immobilier ancien, au bord de la rechute ?

 Plombé par la guerre au Moyen-Orient, le marché de l'immobilier ancien rechute après le rebond de 2025, alerte la Fédération nationale de l'immobilier.

© Adobe stock.

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«Un marché convalescent qui est au bord de la rechute», résumait Loïc Cantin, président de la Fnaim, Fédération nationale de l’immobilier, ce 17 juin, lors d’une conférence de presse consacrée à «la conjoncture et à la politique du logement». La conjoncture est inquiétante : en 2026, l'ensemble des paramètres signalent l'arrêt de la croissance retrouvée l'an dernier. En 2025, en effet, le marché de l'immobilier ancien avait crû de 13% pour atteindre 952 000 transactions à fin décembre, après une année 2024 qui s'était achevée sur 845 000 ventes. Or, d'après la Fnaim, 2026 pourrait se clôturer avec 900 000 à 920 000 transactions, soit 5% de moins qu'en 2025 (dans l'hypothèse la plus basse). «Ce n'est pas une récession, c'est un recul momentané du marché, nous l'espérons», commente Loïc Cantin. Cette année, le nombre de ventes a commencé à diminuer après avoir atteint un pic fin février (958 000 transactions). 17 000 ventes ont été perdues en l'espace de deux mois, par rapport à 2025. «Tout à coup, le marché a été impacté directement par la crise au Moyen-Orient (…) Nous sommes confrontés à une hausse de l'inflation».

Aux soubresauts géopolitiques, s'ajoute le contexte politique national incertain avec l'échéance de la présidentielle en 2027. «L'instabilité, l'absence de visibilité et de lisibilité pour les Français, les ménages, va à l'encontre une décision d'acquisition dans l'immobilier qui nécessite de la confiance dans la politique qui va suivre, la fiscalité», analyse Loïc Cantin. Signe du ralentissement du marché, le taux de rotation - ventes de logements par rapport au parc total, indicateur du plus ou moins grand dynamisme du marché, devrait diminuer et passer de 2,5% en 2025 à 2,3% en 2026.

Baisse des crédits immobiliers

Apparemment, pourtant, les prix restent stables. Au 1er juin 2026, les prix des logements anciens s'établissent à 2 994 euros le m² pour l'ensemble du parc, soit -0,1% par rapport à juin 2025. Toutefois, corrigée de l'inflation, la baisse atteint -2,5%. La chute touche essentiellement les maisons (2 357 euros le m² ; -4%). Le prix des appartements reste quasiment stable (3 838 euros au m² ; -0,6%). La tendance concerne l'ensemble du territoire, à quelques exceptions près, comme les Alpes-Maritimes.

Autre croissance stoppée en 2026 après un rebond en 2024 et 2025 : la production de crédits immobiliers «déterminants pour l'ensemble des ménages pour accéder à la propriété», rappelle Loïc Cantin. En cause, la légère hausse des taux de crédit immobilier, passés de 3,05% en juin 2025 à 3,25% en mai 2026. La tendance pourrait s'accentuer.

La BCE, Banque Centrale Européenne, qui avait augmenté ses taux d'intérêt 2% à 2,25% le 11 juin, pourrait réitérer en juillet. Au final, alors qu'il s'était rétabli en 2025, «le pouvoir d'achat immobilier des Français régresse», souligne Loïc Cantin.