L’Union des Entreprises de Transport et de Logistique (TLF) de France – Hauts-de-France a mandaté une étude économique dans le but de faire le point sur la filière Transport et Logistique. Le verdict ? «Une filière qui pèse plus que l'agroalimentaire, trois fois plus que l'hôtellerie-restauration, et qui reste largement sous-évaluée dans le débat public».
Ce secteur pèse et les chiffres le prouvent : le transport de marchandises et la logistique emploient directement 1,6 million de personnes en équivalent temps plein, 1,8 million au total, soit près de 6% de l'emploi français. La filière génère 267 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 90 milliards de valeur ajoutée, l'équivalent de 3 % du PIB. Sa particularité : 44% de ces emplois ne figurent dans aucune statistique «transport». Ce sont les magasiniers, caristes et logisticiens disséminés dans le commerce, l'industrie, l'agriculture et les services. Près de la moitié de l'activité de la filière travaille ainsi dans l'ombre des autres secteurs.
Poids dans l'emploi surtout dans l'Oise
En intégrant l'activité que la filière irrigue chez ses fournisseurs et via la consommation de ses salariés, sa contribution totale atteint 3,2 millions d'emplois, 574 milliards d'euros d'activité et 9% du PIB, un montant équivalent à la totalité des exportations françaises de biens.
Cette empreinte est partout, mais pèse davantage dans certains territoires. Si le Loiret représente le premier département de France enregistrant la plus haute part de l'emploi de la filière (26%), le département de l'Oise est le deuxième (21%), suivi de près par le département de l'Essonne. Quant au plus grand volume de l'emploi de cette filière, c'est le département du Nord qui arrive en tête, avec 137 000 emplois, suivi par les Bouches-du-Rhône (127 000 emplois).
L'Oise et le Nord sont révélateurs du dynamisme de la filière Transport et Logistique dans la région. D'après l'étude, les Hauts-de-France rassemblent 15% de la part de l'emploi direct et de ses effets d'entraînement des transports et de la logistiques dans l'emploi total. Elle représente ainsi la deuxième région française, après le Centre-Val de Loire.
«La logistique, c'est un peu comme la santé : on en mesure l'importance lorsqu'elle se dégrade. Ce n'est pas une fonction support, c'est une infrastructure productive à part entière, qui conditionne la+ compétitivité, l'exportation et le pouvoir d'achat des ménages», exprime Nicolas Bouzou, fondateur du cabinet Asterè