L’artisanat continue de gagner du terrain en Moselle. Selon le baromètre ISM-MAAF consacré au maillage territorial de l’artisanat, paru mi-juillet, le département comptait, au 1er janvier 2024, près de 19 entreprises artisanales pour 1 000 habitants, un niveau comparable à celui de plusieurs départements du Grand Est.
La Moselle se distingue surtout par la vigueur de sa dynamique entrepreneuriale. Entre 2019 et 2023, le nombre d’entreprises artisanales y a progressé de 26% (contre 24% au niveau régional), soit l'une des plus fortes hausses en Grand Est, derrière le Haut-Rhin (+27,5%) et devant la Meurthe-et-Moselle (+25,5%). Une dynamique qui s’illustre parfaitement dans une commune comme Woippy qui affiche +40,7% d'entreprises artisanales en cinq ans.
Au niveau régional, l'artisanat représente désormais 29% de l'ensemble des entreprises actives et confirme son rôle de moteur économique de proximité.
Des services de proximité renforcés, mais un emploi qui s'érode
Cette progression du tissu artisanal se traduit par un renforcement des services de proximité. Dans le Grand Est, de plus en plus de communes disposent d'artisans du bâtiment, de réparateurs automobiles ou encore de salons de coiffure. Les instituts de beauté et les ongleries enregistrent même la plus forte progression.
L'artisanat apparaît ainsi comme un rempart contre la désertification commerciale et un facteur essentiel de maintien de l'activité dans les territoires.
«La géographie de l’artisanat bat en brèche bien des idées reçues. Le nombre d’artisans progresse partout, y compris dans des départements qui perdent des habitants, où l’artisanat joue un rôle d’amortisseur économique et de maintien des services à la population», confirme Catherine Elie, directrice des études ISM, pour éclairer ce baromètre inédit.
Le tableau est toutefois plus nuancé sur le front de l'emploi. Avec 23 400 salariés dans les entreprises artisanales de moins de 20 salariés, la Moselle reste le premier département du Grand Est en nombre d'emplois artisanaux mais aussi l'un des rares territoires où ces effectifs reculent : -0,3% entre 2019 et 2024.