Dossier

La Belle Histoire, le théâtre qui vient à la rencontre des territoires

Depuis plus de 25 ans, la compagnie La Belle Histoire accompagne les collectivités avec des spectacles sur mesure. Théâtre, débats ou valorisation du patrimoine : ces créations originales sont adaptées à tous les publics et à tous les lieux. 

«Vous avez vu notre logo ? C’est une vache. Nourrissante, joviale et rurale», sourit Stéphane Van de Rosieren, fondateur de la compagnie La Belle Histoire en 1999. Derrière ce symbole se cache toute la philosophie de la structure basée à Villeneuve-d'Ascq : rendre la culture accessible partout. «J’ai créé La Belle Histoire pour amener la culture dans les villes, les villages et les quartiers qui n’ont pas de théâtre», explique-t-il.

La compagnie se déplace au plus près des habitants. Café, salle de sport, école ou salle polyvalente : tous les espaces susceptibles d’accueillir du public ont le potentiel pour devenir une scène. «Nous transformons ces espaces en salles de spectacle. Souvent, les habitants ne reconnaissent plus les lieux», observe Stéphane Van de Rosieren, fier du travail que ses équipes accomplissent. Pour les collectivités qui ne disposent d’aucun équipement adapté, la compagnie possède même son propre chapiteau de 500 m².

Répondre aux enjeux des collectivités

L’adaptation est sans doute le maître-mot de La Belle Histoire. La compagnie propose un catalogue de spectacles, mais développe également des créations originales à partir des besoins exprimés par les collectivités. Stéphane Van de Rosieren rédige ainsi près de 200 scénarios par an. Parmi les sujets déjà abordés figurent notamment les aidants, les violences intrafamiliales, la sécurité au travail, l’environnement, les valeurs de la République ou encore la laïcité.

La santé fait également partie des thématiques qu'explore la compagnie, à l'image du spectacle-débat Les cols des femmes, donné le 12 juin à Abbeville, qui aborde, avec humour, le dépistage du cancer du col de l’utérus. «Nous faisons du sur-mesure. Nous déchiffrons, nous écrivons, nous jouons. Nous nous adaptons aux besoins». Ces capacités ont ainsi été mises en œuvre pour animer, le 24 juin à Amiens, une assemblée générale.

Dans chacune de ses créations, le metteur en scène revendique une même ligne directrice. «Je suis toujours à la recherche du Dahu : divertissement, altérité, humanité et universalité». La compagnie intervient auprès de tous les publics : de la petite enfance aux seniors, en passant par les scolaires, les salariés, les élus ou encore les associations. Son approche consiste à traiter des sujets souvent complexes avec rigueur, tout en restant accessible et divertissant. «Nous vulgarisons le sujet et montrons tous les points de vue. Le spectateur doit se divertir tout en entamant une réflexion. Nous ne lui apportons pas de réponse : c’est à lui de faire son propre cheminement», souligne Stéphane Van de Rosieren.

Une offre culturelle à la carte 

Forte d’une équipe de 40 artistes et de cinq permanents chargés de la coordination et du suivi des projets, La Belle Histoire dispose d’une large palette d’interventions. «Nous proposons plusieurs formats de spectacles : des comédies, des œuvres littéraires, des comédies musicales, mais aussi des spectacles-débats», détaille le fondateur. Ces formats permettent aux collectivités de sensibiliser les habitants tout en favorisant les échanges. «Le théâtre est un acte social fort qui permet d’aborder des sujets de fond sans lourdeur». C'est le cas du théâtre-forum "Casser les préjugés sur la précarité énergétique»"jouée en 2025 à Ham, Amiens et Péronne, qui incitait le public à monter sur scène. Le spectateur était invité à devenir un «spect-acteur», afin de faire émerger des solutions concrètes et de favoriser le dialogue.

La compagnie aborde aussi les questions autour du patrimoine. «Nous pouvons travailler sur la mise en valeur d'un patrimoine et créer une pièce autour», précise Stéphane Van de Rosieren. Par le passé, elle a notamment conçu un spectacle son et lumière en associant les acteurs sociaux, culturels, entrepreneuriaux, associatifs et industriels d’une communauté de communes.

Au-delà des spectacles, La Belle Histoire imagine et coordonne aussi des événements culturels plus ambitieux. «Nous sommes en mesure de créer un festival pour une ville, d'organiser une fête ou même de gérer une programmation culturelle sur une semaine, plusieurs semaines ou plusieurs mois», conclut Stéphane Van de Rosieren. Ancrée dans les Hauts-de-France, la compagnie poursuit ainsi depuis plus de 25 ans sa mission : faire du théâtre un outil de rencontre, de réflexion et d’animation au cœur des territoires. Une belle histoire qui continue de s’écrire.