Trois semaines après son arrivée en Meuse, Anne-Florence Canton n’a pas manqué le rendez-vous proposé par la chambre d’agriculture de la Meuse qui avait programmé une cession ambitieuse fin mai autour des stratégies de diversification visant à renforcer la résilience face à la crise au Moyen-Orient. Pour répondre à la situation économique complexe du secteur, Nicolas Pérotin, son président, a rappelé la nécessité de «se mettre en ordre de bataille pour tenir, impulser, donner des idées, avoir des références et amener de l’innovation». De la théorie à la pratique, il n’y a d’ailleurs qu’un pas avec, dès l’après-midi, une visite de terrain à laquelle tous les participants étaient conviés pour découvrir, sur l’exploitation agricole de Xavier Bazart, le programme innovant Racam constitué de deux robots autonomes (sans chauffeur) et d’un pulvérisateur intelligent.
Des enjeux et des projets
Si l’ambition du président de la chambre d’agriculture est de «pousser aux initiatives et surtout d’amener tous les services de l’État, tous les parlementaires, à tirer dans le même sens», la présence des responsables des services de l’État et des parlementaires, venus en nombre, marque la prise de conscience et l’engagement de tous d’être «aux côtés des agriculteurs», dans un territoire rural qui souffre. Si le plan stratégique 2025-2031 a mis en avant trois enjeux autour des revenus, du renouvellement des générations et de la valeur de la production, l’agriculture doit s’adapter pour faire face aux aléas climatiques qui se répètent, aux problèmes sanitaires et aux incidences financières qui viennent s’ajouter. Plus que jamais, l’innovation et la diversification sont au cœur des projets actuellement à l’étude que ce soient de nouvelles filières dans les céréales, comme le miscanthus ou encore les essais en lien avec le chanvre, avec pour objectif de permettre «aux agriculteurs de pas avoir les pieds dans le même sabot, de maintenir les filières, les abattoirs, des emplois et la consommation», analyse Nicolas Pérotin.