Dossier

La Maison du sel développe un nouveau grain culturel à Haraucourt

La Maison du sel du village d’Haraucourt entame sa mutation. De musée dédié à l’histoire et à l’exploitation du sel dans la région, le lieu entend s’affirmer comme un lieu culturel multifonctionnel tout en préservant son ADN salin. 

Les premières couleurs de l’automne se reflètent sur la surface de l’immensité d’eau. Aux abords de la commune d’Haraucourt, dans cette partie du sud meurthe-et-mosellan, ce sont toute une flore et une biodiversité qui se développent. 

Terre de sel et de l’exploitation de son gisement notamment par le chimiste Solvay pour son usine de Dombasle-sur-Meurthe depuis plus d’un siècle, un paysage improbable s’est façonné au fil du temps et des effondrements salins, conséquences de la technique des sondages de dissolution et de la méthode spécifique d’exploitation de Solvay dite par pistes de sondage. 

«Le sel demeure notre porte d’entrée»

Des falaises abruptes laissent entrevoir leurs strates géologiques aux visiteurs pouvant se rendre toute l’année sur cet observatoire sécurisé et balisé de panneaux d’informations permettant de mieux comprendre ce panorama s’étendant sur plusieurs hectares. 

«C’est tout simplement atypique, une richesse environnementale que l’on ne soupçonne pas !». 

En cette après-midi de mi-octobre où le soleil illumine la singularité du lieu, Prisca Millet, vice-présidente en charge de la culture et de l’animation de la Communauté de communes Seille et Grand Couronné, et Noémie Husson, chargée d’animation et de développement de la Maison du sel, installée à quelques encablures au cœur du village, savent que ce patrimoine salin issu de l’activité industrielle historique est un potentiel touristique et culturel certain. 

Lieu culturel multifonctionnel

Ce potentiel déjà exploité depuis de nombreuses années pourrait connaître un nouvel élan avec tout le programme développé autour de l’après-mine et des nouvelles ressources du sous-sol régional. 

«C’est un segment que nous regardons de près avec les autres acteurs du territoire. Il entre dans le cadre du développement que nous venons d’engager autour de la Maison du sel», explique Prisca Millet. 

Basée historiquement autour de la seule histoire du sel de son exploitation, une exposition permanente sur le sujet perdure. La Maison du sel entend s’affirmer aujourd’hui comme un espace culturel au sens large. 

«Notre projet est d’ouvrir à d’autres domaines, à d’autres cultures (sciences, patrimoine, création contemporaine, spectacle vivant, environnement ou encore solidarité) en proposant des rendez-vous qui permettent de découvrir, de comprendre, d’expérimenter, de créer et d’échanger», assure Noémie Husson. 

Plus qu’un simple musée, la Maison du sel se mue en un lieu culturel multifonctionnel capable d’accueillir des publics différents et des projets variés. 

«Le sel demeure l’une des grandes portes d’entrée et les entreprises qui travaillent encore aujourd’hui dans ce secteur sont les partenaires essentiels du projet. Nous souhaitons continuer à faire le lien entre patrimoine, industrie, sciences et enjeux actuels». 

Une ouverture, une nouvelle orientation, histoire d’optimiser cet équipement public tout en développant son activité. 

Son comité de pilotage vient d’être relancé et le programme culturel se construit autour d’un thème général cette année : les paysages. 

 Le tout avec une volonté d’itinérance et de rayonnement au cœur de la quarantaine de communes du territoire de Seille et Grand Couronné.  


Le sel mais pas que...

Dans sa mutation engagée, la Maison du sel entend s’afficher comme un lieu culturel à part entière et ouvert au plus grand nombre. Événements, conférences, ateliers, expositions en passant par différentes rencontres ou des résidences d’artistes : le lieu entend vivre aujourd’hui au rythme d’une programmation établie. L’ADN demeure le même : rendre les sciences, la culture et les savoirs accessible au plus grand nombre.