Ils travaillent dans le milieu de la santé mais n'en sont pas du tout issus : lorsqu'en 2014, Léo Poitout et Jean Guidez imaginent Resalib depuis Villeneuve d'Ascq, ils s'appuient sur une dizaine d'années d'expérience dans le numérique. À cette époque, Doctolib venait de fêter ses trois mois d'existence et les prises de rendez-vous pour les restaurants n'étaient pas encore démocratisés. «Pour les professionnels du bien-être (naturopathe, diététicien, ostéopathe...), c'était encore artisanal, il fallait appeler pour prendre rendez-vous» explique Léo Poitout.
Ce secteur, qui compte environ 300 000 praticiens en France – dont parfois certains se forment uniquement en ligne –, peut parfois manquer de légitimité : «Un sophrologue a le même code APE qu'un tatoueur... En France, il y a une barrière entre les pratiques de bien-être et celles de la santé. Nous travaillons avec la CNPL (Chambre Nationale des Professions Libérales) pour légitimer ces professions. Mais par contre nous sommes très clairs sur un point : cela ne remplace en rien la médecine» précise le co-fondateur.
Tiers de confiance
En venant de la technologie, les deux fondateurs se posent en tiers de confiance : le praticien s'inscrit, remplit sa fiche et Resalib s'appuie sur un réseau de 150 partenaires pour réguler les profils afin d'éviter toute pratique obscure. «Des badges permettent de signifier l'appartenance des professionnels à une fédération ou à un syndicat. Et il y a aussi une vérification de notre part pour apporter les meilleurs praticiens aux utilisateurs. Et si des avis sont mauvais, on téléphone systématiquement au praticien.» Sans compter les avis des utilisateurs, sortes de «gardes-fous du terrain» sur un secteur extrêmement regardé à la loupe. Aujourd'hui, 80 000 praticiens sont référencés sur Resalib sur les 300 000 que compte la France ; certains d'entre eux paient pour avoir un service plus poussé (14 000) à l'image de la gestion de l'agenda.
Lancement en Belgique
Aujourd'hui l'entreprise compte une trentaine de collaborateurs, réunis à la Pilaterie et comme elle dispose de clients partout dans le monde, elle a lancé, en janvier dernier, Resalib.be, ainsi qu'une version néerlandaise. «Nous visons 15 000 praticiens en Belgique, nous avons vraiment envie de nous développer à l'international». Avec un chiffre d'affaires de 2,6 millions en 2025, Resalib ambitionne de grimper à 3,3 millions cette année.