Dossier

Le musée Les Pêcheries, gardien de l'histoire maritime et industrielle fécampoise

Ouvert en 2017 dans une ancienne usine de séchage de morue réhabilitée, le musée des Pêcheries de Fécamp retrace le passé de la grande pêche et l’histoire locale. Une plongée dans l’histoire fécampoise.

Le musée des Pêcheries n’a pas ce nom par hasard. Situé à proximité du port et de la criée à Fécamp, l’établissement a repris les murs d’un ancien bâtiment dédié à la transformation des poissons, tels que la morue (aussi appelée cabillaud), le hareng ou le saumon. Ce site abritait à l’origine La Morue Normande, une filiale des Pêcheries de Fécamp. «Le fait de réhabiliter ce bâtiment et d'en faire un musée avait du sens, car il est chargé d'histoire» souligne le directeur du musée, Aurélien Arnaud.

Parmi les 4 000 mètres carrés d’espace d’exposition, le musée conserve encore les vestiges du passé du bâtiment comme les anciens fours à séchage, les bureaux des dirigeants ou encore les vestiaires des filetières, ces ouvrières qui levaient les filets de poissons. «L’architecture propose une mise en regard entre les collections à l’intérieur et ce qu’on voit à l’extérieur : la mer, le port, l’église et les falaises», poursuit le directeur.

Une activité de pêche historique

C'est dans les années 1950 que l’usine connaît son pic d’activité. Les morues pêchées dans les grands bancs de Terre-Neuve - grâce aux pêcheurs fécampois surnommés les «terre-neuvas» - au Canada y sont débarquées, lavées à l’eau claire et séchées. Au fil des décennies, l’usine se diversifie avec l’arrivée du hareng dans les années 1960, puis du saumon au milieu des années 1970.

«Avec le succès mondial de la morue, le monde entier allait pêcher dans les eaux canadiennes, jusqu’à ce qu’il n’y reste plus beaucoup de poissons et que des quotas soient imposés», raconte Aurélien Arnaud. La filière de la morue s’effondre alors. Les armateurs tentent de se réorienter, mais le saumon ne reste qu’une solution temporaire pour Fécamp. Son traitement est finalement délocalisé en 1982. L'activité du bâtiment cesse définitivement en 1996. Elle marque la fin d'une époque qui a fait les grandes heures de Fécamp qui a compté jusqu'à plusieurs dizaines de saurisseries en activité.

Fécamp, bien plus qu'un passé piscicole

Cette histoire fécampoise est relatée au troisième étage du musée. Le parcours dédié à la pêche rend aujourd'hui hommage à ce savoir-faire disparu. Environ 35 000 œuvres y sont stockées et présentées, comme des maquettes de chalutiers et des outils techniques qui font revivre cette aventure ouvrière et maritime du passé.

«Mais la ville est bien plus que ce passé piscicole, précise Aurélien Arnaud, avant d’énumérer : Fécamp a une histoire riche dès la période gallo-romaine, mais aussi à l'âge médiéval. Nous rendons aussi hommage à la construction navale, et une partie du musée est consacrée à la vie cauchoise…» Le musée se penche aussi sur l’enfance et la médecine, et présente un impressionnant cabinet des curiosités construit avec des objets et souvenirs des premiers armateurs fécampois.

Pour Aletheia Press, Eléonore Chombart