Mettre en lumière une part de l'identité du territoire. Voilà la démarche qui a animé la communauté de communes du Pays de Bray lorsqu'elle a décidé, pour la première fois, d'organiser le concours des pratiques agro-écologiques. Créée en 2010, cette très amicale "compétition" s'inscrit dans le cadre du Concours général agricole organisé en marge du Salon international de l'Agriculture.
Avec l'objectif de mettre en avant des pratiques qui contribuent à la préservation de la biodiversité, à la qualité des paysages et à la production agricole durable. Son volet "prairies et parcours" récompense les éleveurs pour la qualité agro-écologique de leurs prairies naturelles, qu’elles soient destinées à la fauche ou au pâturage.
Rendre aux prairies ses lettres de noblesse
«Les prairies sont un marqueur du pays de Bray, qui est un territoire ancestralement bocager. Nous voulions trouver une manière de valoriser ces pratiques qui ont aussi un rôle important à jouer à l'avenir, par exemple comme pièges à carbone, ou pour la gestion de l'eau», résume Héloïse Bertogli, directrice générale des services à la communauté de communes.
Même si un prix honorifique est en jeu, les agriculteurs candidats sont animés par les mêmes motivations non-lucratives. «C'est important de redonner ses lettres de noblesse à la prairie qui est très sous-estimée», relève Vincent Delargillière, éleveur laitier à Pierrefitte-en-Beauvaisis.
En bio depuis une dizaine d'années, il exploite 150 hectares, intégralement en prairies. Dont une parcelle au Fresnoy, qui, après avoir été laissée plusieurs années à l'abandon, a été remise en état par régénération spontanée. «Aujourd'hui, elle fait mon meilleur foin», sourit l'éleveur, après que le jury a fait le tour des parcelles, le 3 juin.
Un atout écologique et économique
À ses côtés, également engagés dans le concours, Hugues Beaudoin (Villers-sur-Auchy) Patrick Haudebourt (Villers-sur-Auchy) et Sylvain Bétourné (Saint-Aubin-en-Bray). Tous éleveurs bovins, trois des candidats sont aussi engagés dans le label Agriculture Biologique.
Tous portent un regard très technique sur la gestion de leurs prairies, qui est plus ardue que ne le pense le commun des mortels. Pâturage tournant, gestion des apports de matière organique, des coupes d'herbe… tout est mis en œuvre pour optimiser la production d'une herbe riche et diversifiée.
«Et grâce aux prairies, la performance économique est là», insiste Matthieu Franquin, membre du jury et spécialiste de l'agroécologie au Conservatoire des espaces naturels des Hauts-de-France. "Les prairies sont un gage d'autonomie alimentaire pour les éleveurs», renchérit Marion Thériez, animatrice de l'association Bio Hauts-de-France.
Pour Aletheia Press, Benoit Delabre