2,67 millions d’euros ! C’est le montant annoncé par l’Agence de l’eau Rhin-Meuse pour soutenir une première phase de travaux de sécurisation d’approvisionnement en eau et de réduction des fuites sur les réseaux sur le territoire du Syndicat des eaux de Puligny et du Saintois.
À l’instar de bon nombre de territoires, cette partie du sud de la Meurthe-et-Moselle a subi fortement les impacts de la sécheresse de l’été.
Dès le mois de juillet, la commune de Dommarie-Eulmont a été approvisionnée en eau par citerne et la quarantaine d’habitants se sont vu livrer des bouteilles d’eau. Pas vraiment un épisode isolé !
«L’été 2026 a été marqué par une sécheresse très sévère sur le bassin Rhin-Meuse, avec des débits exceptionnellement bas dans les cours d’eau et des tensions sur l’alimentation en eau potable de plusieurs territoires. Face à cette situation, nous accompagnons les collectivités dans la sécurisation de leurs approvisionnements et la réduction des fuites sur les réseaux», explique l’Agence de l’eau Rhin-Meuse.
À l’occasion de la signature du partenariat avec le Syndicat des eaux de Puligny et du Saintois, l’agence présentera le bilan de la sécheresse de l’été sur son périmètre.
Diminution de l’eau disponible
Selon l’agence, au début de ce mois d’octobre : «la quasi-totalité du bassin connaît un étiage extrêmement sévère. Plusieurs cours d’eau ont battu des records de bas débit depuis 1975 et certains sont totalement à sec. Dans les nappes, 92% des points de suivi étaient orientés à la baisse dès la mi-août».
Ces conséquences dépassent largement le lit des rivières :
. Des mortalités piscicoles et des phénomènes de cyanobactéries sont observés.
. 556 000 habitants sont concernés par des unités de distribution d’eau potable en tension.
. Les cultures de printemps et d’été et l’élevage subissent des impacts importants.
. Le niveau du Rhin réduit fortement les capacités de chargement des barges et la navigation est interrompue sur une partie de la Moselle.
. La production d’énergie est également affectée.
«Cette situation montre surtout une chose : l’eau disponible évolue. Depuis 2015, le bassin connaît à la fois moins de précipitations annuelles, une répartition saisonnière différente et une évapotranspiration plus forte. Résultat : l’eau disponible pour les rivières et les nappes a diminué».
Pour l’Agence de l’eau Rhin-Meuse, il faut agir sur plusieurs fronts : économiser l’eau, réduire les fuites, sécuriser les approvisionnements, restaurer les milieux aquatiques, développer les solutions fondées sur la nature, mieux gérer les ouvrages de stockage et développer une gestion concertée de la ressource en eau pour prendre en compte tous les usages.
«La sécheresse n’est plus un épisode exceptionnel à regarder uniquement quand il fait chaud. Elle nous oblige à repenser durablement notre rapport à l’eau».