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Canicule

Les bailleurs sociaux face à la canicule

La climatisation peut se révéler une solution indispensable de court terme, mais les bailleurs sociaux ont initié des stratégies de long terme, convoquant d'autres solutions. Témoignages.

© Adobe stock.

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«Climatisation : pour en finir avec les faux débats». Le 2 juillet, à Paris, une conférence de presse était consacrée à ce sujet, à l'initiative du collectif, «Nos villes à 50 degrés. Le booster de l'adaptation aux vagues de chaleur». Ce dernier réunit des maîtrises d'ouvrages publiques ou privées, parmi lesquels Seqens, du groupe Action logement, qui gère 112 400 logements en Ile-de-France et CDC Habitat, qui gère 573 000 logements partout en France.

Sur le terrain, ces bailleurs sociaux ont déjà commencé à agir. «Nous avons travaillé sur la cartographie de la sévérité climatique», élaborée par le collectif*. «83% de nos logements se situent en zone 2 ou 3», [les plus vulnérables en matière d’habitabilité ]. L'enjeu est majeur, pour nous », explique Marion Oechsli, directrice générale de Seqens. CDC Habitat se concentre notamment depuis un an sur 500 ensembles immobiliers choisis parmi les plus vulnérables. Un DPR, Diagnostic Performance Résilience, y a été réalisé, base d'une programmation de long terme.

Ces deux acteurs de l'immobilier prennent de multiples mesures. Chez Seqens, par exemple, à l'occasion de travaux de réhabilitation, des volets sont apposés sur les fenêtres des pièces de nuit, un dispositif originellement peu répandu dans la région. A présent, 87% logements en sont pourvus. Les écueils sont nombreux, prévient Marion Oechsli. En particulier, «cela demande des compétences qui ne sont pas toujours faciles à trouver».

Comment imaginer un T2 traversant ?

Autre difficulté, la nécessité de concilier toutes les contraintes. «Aujourd'hui, on nous demande surtout de petits appartements . Or, réaliser des logements traversants qui permettent de ventiler dans des petites surfaces n'est pas évident», poursuit Marion Oechsli. S'ajoute à cela l'enjeu majeur des moyens financiers. En outre, certaines conditions doivent être réunies pour garantir l'efficacité de l'action, dont la collaboration avec les collectivités locales, pour faire disparaître les îlots de chaleur. «Nous pouvons agir sur notre patrimoine en désimperméabilisant le sol d'un parking, mais si rien n'est fait à coté, l'effet sera limité», illustre-t-elle

A côté de ces mesures de long terme, ces deux gestionnaires de l'immobilier en conviennent, il faut traiter l'urgence. La climatisation peut faire partie des réponses, avec la mise en place de «zones refuge» de fraîcheur, le dialogue avec les locataires pour leur donner les bons réflexes... Néanmoins, «il y a des enjeux de charges pour les locataires et de maintenance», pointe Marion Oechsli. Et Thierry Laget, directeur général adjoint en charge du développement et du réseau CDC Habitat Partenaires, de mettre en garde : à ses yeux, «la climatisation n'est pas une question idéologique, mais de démarche de projet. En effet, in fine, l'objectif est d'avoir le logement le plus agréable à habiter, dans un quartier agréable à habiter. Si on a une approche trop technicienne, on risque d'oublier la démarche globale (…) Dans la conception d'un bon projet, il faut essayer de retrouver des éléments en rapport avec le climat, l'ombre, la présence de l'eau, du végétal...».

*Cf notre article précédent « Faut-il mettre la clim partout ?»