«Climatisation : pour en finir avec les faux débats». Le 2 juillet, à Paris, une conférence de presse était consacrée à ce sujet, à l'initiative du collectif, «Nos villes à 50 degrés. Le booster de l'adaptation aux vagues de chaleur». Ce dernier réunit des maîtrises d'ouvrages publiques ou privées (bailleurs sociaux, collectivités...) et experts dans le but «d'accélérer l'adaptation des villes au changement climatique», précise Christophe Rodriguez, directeur général adjoint d’A4MT, Action pour la transformation des marchés.
Aujourd'hui, le débat sur la canicule s'est focalisé sur le recours -ou non- à la climatisation. «On peut le comprendre. C'est un enjeu de santé publique. Il est évident qu'il y a urgence à agir», analyse-t-il. Pour autant, l'ampleur de l'enjeu appelle à aller au delà des réponses immédiates pour viser le long terme. A cet effet, le collectif a élaboré une «doctrine de l'habitabilité» base potentielle de cette action. Une «carte de la sévérité climatique» du pays a été dressée, selon un paramètre : la température nocturne, facteur clé en matière de santé publique, car particulièrement nocive pour l'organisme si elle s'élève trop. «Cela devrait être notre boussole», pointe Christophe Rodriguez. Suivant ce paramètre, trois zones distinctes se dessinent. La zone 1, où 70,9% des habitations demeurent au dessus du seuil de l'habitabilité (le nord et l'ouest de la France, avec Lille, Brest, Rennes, par exemple). La deuxième, où le mercure grimpe plus et où 24% des logements sont au dessus du seuil, avec des villes comme Bordeaux et Agen. La troisième zone est la plus mal lotie (3,5% de logements au dessus de la barre). Elle comporte des zones urbaines très denses (Paris ou Lyon) et d'autres où le climat est particulièrement chaud, au sud.
En parallèle, le collectif a listé des «actions à généraliser» pour améliorer la situation : mesures de protection du soleil, ventilation nocturne, brassage de l'air, adoption de plans de gestion de crise. Une simulation de la généralisation de ces mesures a été menée sur 30 millions de logements. «Si nous mettions toutes ces mesures en œuvre, 70% de logements seraient habitables», dévoile Christophe Rodriguez.. Selon les zones, les résultats diffèrent. La zone 1 passerait à 99,6% de logements habitables. La zone 2 à 96,4% et la zone 3 trois, à 45,7%. Bref, le recours à la climatisation ne serait – globalement- pas vraiment indispensable.
Mais tout dépend des situations et des choix, nuance Christophe Rodriguez. A Paris, la totalité des logements pourraient passer au dessus du seuil d'habitabilité, contre 25% sans climatisation. Mais cela impliquerait de faire le choix d'une «rénovation majeure du patrimoine haussmannien», prévient-il. En revanche, à Montpellier, même en déployant toute la batterie des autres mesures. «il est probable qu'il faudrait de la climatisation».