Aide aux aidants qui se déplacent, accompagnement à l'électrification des fours à pain... Le 31 mars, à Bercy, lors d'une rencontre avec les journalistes de l'AJPME, Association des journalistes spécialisés dans les PME, Serge Papin, ministre des PME, évoquait des pistes de mesures nouvelles qui sont « sur la table » pour aider les PME dans la crise. Les premières mesures annoncées par le gouvernement le 27 mars, essentiellement des aides au financement d'achat de carburant pour les transporteurs, les agriculteurs et les pêcheurs, avaient été jugées insuffisantes par les représentants de ces secteurs. « Nous devons apprécier la situation jour après jour (…). D'autres personnes vont être accompagnées si le conflit dure, mais il est nécessaire de réaliser des mesures ciblées. Ce qui est donné d'un côté va augmenter la fiscalité de l'autre », a rappelé Serge Papin.
Plusieurs professions pourraient néanmoins être visées par une extension du dispositif d'aides : les infirmières libérales qui se déplacent et plus généralement, les aidants mobiles, les petites entreprises dans le BTP... Toutefois, « si l’État doit mettre de l'argent, il faut le faire sur un investissement intelligent, et non dans la consommation d’énergies fossiles qui va dans les poches des raffineurs ou des pays producteurs », a argumenté Serge Papin. A ce titre, les PME devraient être concernées par le « grand plan d'électrification des usages », prévu par le gouvernement pour sortir de la dépendance au pétrole, et qui devrait être annoncé tout prochainement. Un « leasing social » pour acheter des véhicules électriques pourrait être mis en place pour les « grands rouleurs ». Et d'autres « usages » des PME sont intéressés. En France, « 9000 fours à pain fonctionnent encore au gaz », illustre Serge Papin. Autres exemples possibles de conversions à l'électrique qui pourraient être accompagnées : les cabines de peinture chez les carrossiers, les gazinières dans les restaurants...
Reprise d'entreprises et financement
Il y a l'actualité du choc énergétique, brutale. Par delà, le ministre des PME identifie plusieurs autres enjeux cruciaux pour les PME, à commencer par celui de la cession-transmission dont il entend faire une « grande cause économique nationale ». Il existe « un pivot générationnel de l'économie qui peut devenir un mur, si l'on ne s'y prépare pas. (…) Quelque 350 000 entreprises devraient changer de main dans les cinq prochaines années, et 500 000 d'ici 10 ans », rappelle Serge Papin, qui poursuit les travaux de sa prédécesseur, Véronique Louwagie, laquelle avait lancé une « Mission reprise » en juillet 2025.
Ce 23 avril, à Bercy, un événement sera donc consacré à la transmission des entreprises. Il réunira l'ensemble des acteurs impliqués : chefs d'entreprise qui souhaitent céder leur société, candidats à la reprise, structures d'accompagnement, banquiers... Au delà de la mobilisation de ces acteurs, que peut faire le gouvernement ? « Nous avons préservé le pacte Dutreuil », qui favorise les transmissions d'entreprises familiales, rappelle Serge Papin. Un « pacte Dutreuil salarié » est envisagé, dont les modalités restent à définir. Parmi les autres enjeux identifiées par le ministre figure celui de la robotisation des PME industrielles, indispensable pour que l'outil industriel puisse produire un « Made in France » accessible. Point commun avec la reprise : l'écueil que constitue la sous-capitalisation des PME et leur difficulté à se financer.