Le projet VITAF, lancé en 2020, s’inscrit dans une démarche de recherche appliquée sur l’adaptation du vignoble au changement climatique. Il repose sur trois parcelles expérimentales réparties en Bourgogne, dont une inaugurée récemment à Davayé, en Saône-et-Loire, sur des terres du lycée agricole et dans une zone d’appellation Saint-Véran. Une première parcelle avait déjà été installée à Lugny en 2024, et une troisième doit voir le jour dans l’Yonne.
L’objectif est d’observer concrètement l’effet de la présence d’arbres dans les rangs de vigne. Les chercheurs et techniciens veulent mesurer leur impact sur la température, l’humidité des sols et la résilience des cultures face aux événements climatiques extrêmes. Contrairement à d’autres régions, les résultats doivent être adaptés aux conditions locales de Bourgogne afin d’éviter toute extrapolation de données venues d’autres territoires viticoles européens ou méditerranéens.
Des données locales pour guider la viticulture de demain
D’ici 2027, les résultats issus des parcelles expérimentales et des observations menées auprès d’une quarantaine de vignerons partenaires permettront d’évaluer l’impact réel des arbres sur la vigne. Les analyses porteront notamment sur la résistance au gel et à la sécheresse, mais aussi sur la biodiversité des sols, à travers l’évolution de la matière organique.
Le dispositif associe plusieurs structures de recherche et d’enseignement, dont des chambres d’agriculture, des organismes spécialisés en environnement et des établissements académiques comme l’Université de Bourgogne-Europe. Le projet bénéficie également de financements publics européens et régionaux, pour un montant supérieur à 400 000 euros.
Au-delà de la recherche, l’expérimentation sert aussi de support pédagogique pour les étudiants en viticulture et environnement. Sur le terrain, ils participent au suivi des plantations et à l’observation des évolutions écologiques, dans une approche qui combine formation et production de connaissances scientifiques.