Dans la Somme, le meublé touristique attire depuis plusieurs années les investisseurs. Porté par l'essor des plateformes de réservation en ligne, ce marché poursuit sa progression. En 2025, les hébergements proposés sur Airbnb, Booking ou Abritel ont généré 736 200 nuitées, soit une hausse de 7% en un an selon Somme Tourisme. Ce type de biens comprend 8 500 logements entiers et 60 chambres. Du côté des hébergements locatifs, le département compte 2 204 meublés classés et 55 chambres d’hôtes. Les meublés sont le second mode d’hébergement marchand et l’essentiel de l’offre se concentre sur l’ouest du département.
Derrière ces chiffres, se cachent des réalités très différentes. La chambre d'hôtes repose sur l'accueil des visiteurs chez le propriétaire. Le gîte, lui, est un hébergement indépendant, souvent affilié au réseau Gîtes de France, qui s'inscrit dans une logique de qualité et de valorisation du patrimoine. Le meublé de tourisme, enfin, désigne tout logement meublé loué à une clientèle de passage, qu'il soit classé ou non. Il peut être commercialisé par une centrale de réservation locale.
Un placement avant tout
Concernant les meublés touristiques, l’intérêt est avant tout financier, ce type de biens bénéficiant d’avantages fiscaux et d’une rentabilité intéressante. Ce que confirme Julie Morlot, propriétaire de trois logements entre Le Crotoy et l'arrière-pays : «J'ai commencé avec une maison de famille que je ne voulais pas vendre. Après l’avoir réhabilitée, je me suis posé de la location classique ou courte durée», se souvient-elle. C'est la seconde option qui est finalement retenue.
«Cela demande un réel engagement puisqu’il faut gérer les réservations en direct, le ménage, les réparations ou l’entretien, mais aujourd'hui elle me rapporte plus qu'un simple loyer», constate Julie Morlot. Cette première expérience positive l’a convaincue d’investir dans deux autres biens, dont un en bord de mer. «C'est une diversification intéressante, un bon complément de revenu, mais il faut plusieurs hébergements pour vraiment en vivre», souligne-t-elle.
Un délicat équilibre à trouver
Face à cet engouement, Somme Tourisme structure son accompagnement dès l'amont. Chaque mois, une réunion d’information destinée aux porteurs de projets, organisée avec CER France, permet un premier contact. Suivent la déclaration en mairie, puis, pour ceux qui le souhaitent, la visite de classement en meublé de tourisme. Assurée par Somme tourisme, elle est valable cinq ans et peut, éventuellement couplée à la labellisation Gîtes de France. Une fois classés, les hébergements bénéficient d'une visibilité renforcée sur somme-tourisme.com et booking-somme.com, avec la possibilité de confier tout ou partie de la commercialisation à la centrale de réservation, qui gère contrats et règlements.
Mais ce phénomène vient compliquer la recherche d'un logement pour les locaux. À Saint-Valery-sur-Somme, plus d'un logement sur deux est aujourd'hui une résidence secondaire ou occasionnelle (51%), contre moins de 10% en moyenne en France, selon l'Insee. Prises entre la nécessité d'accompagner le tourisme, moteur économique majeur, et la préservation d'un équilibre en termes de logements, les collectivités agissent : renforcement de la réglementation des meublés de tourisme, construction de logements… La stratégie touristique actuelle de la Baie de Somme ne vise ainsi plus seulement à augmenter la fréquentation, mai, notamment, à mieux répartir les visiteurs dans l'année.