La journée d’échanges et de sensibilisation était programmée à Verdun le 22 mai avec trois étapes différentes d’abord auprès des collégiens, puis des acteurs économiques et pour finir au contact du grand public, en soirée. Trois rendez-vous successifs pour une même volonté de transmettre, même si le discours s’est forcément adapté à chaque étape. Au moment du déjeuner, une quarantaine de chefs d’entreprise et d’acteurs économiques se sont donc retrouvés au Jardin du Mess pour écouter le spécialiste du réchauffement climatique, membre du GIEC. L’occasion pour l’expert de révéler et comprendre l’état d’esprit des dirigeants qui perçoivent la transition écologique comme «une contrainte règlementaire additionnelle, un boulet ou encore un coût supplémentaire». Son intervention devait donc leur démontrer que leur engagement «peut être dans leur intérêt et dans l’attractivité de leur entreprise». Cette invitation lancée conjointement par le Département de la Meuse et le GIP Objectif Meuse, tous deux présidés par Jérôme Dumont s’inscrit dans une «stratégie territoriale» portée par ce département rural qui a travers son plan transition écologique adopté en juillet 2022 présente une action ambitieuse de réduire de 40% l’empreinte carbone de la collectivité à l’horizon 2030.
Vers un engagement collectif ?
Dans le même temps, le GIP Objectif Meuse accompagne depuis 2021 la transition énergétique avec 122 projets financés (96 pour des collectivités et 25 pour des entreprises). Dans une période de crise, le sujet est d’ailleurs sur toutes les lèvres avec des entreprises impactées par les hausses de prix. «C’est justement un moment d’opportunité. Face aux trois grands arguments déployés pour réduire les ambitions qui sont : ça va coûter cher, ça va altérer la compétitivité des entreprises et il y a d’autres priorités dans le contexte de tension géopolitique, ces trois arguments sont les trois meilleures raisons aujourd’hui d’accélérer», analyse François Gemenne, estimant que dans «un département rural comme la Meuse, la transition peut être un projet qui réunit». Une analyse partagée par la directrice territoriale de la Meuse d’Enedis Frédérique Lava, également présente et qui, au moment même où le Gouvernement sélectionnera le 30 juin prochain les 100 territoires d’électrification appelle les collectivités et les dirigeants à anticiper, se réunir et travailler ensemble pour avoir «une vision partagée» pour construire le réseau qui soit demain au rendez-vous en Meuse.