Comment repenser l’économie pour qu’elle soit adaptable aux changements sociétaux et autres actuels ?
C’est toute la question que Lorr’Up, l’agence de développement économique Nancy Sud Lorraine se pose dans le cadre de l’élaboration de sa feuille de route 2032.
«Si l’avenir est incertain, il n’est pas pour autant illisible», assure Loïc Vautrin, le directeur général de l'agence, à l’occasion de la présentation de la démarche lors d’une plénière, le 27 octobre dans l’amphithéâtre de l’Aquarium à Nancy.
Réindustrialisation, transition écologique et énergétique, raréfaction du foncier, adaptation climatique, évolution des compétences, nouvelles attentes des entreprises, le Sud lorrain fait face (comme les autres) à des transformations profondes.
«Il faut se baser sur les ressources présentes. Avec elles, nous pouvons mener à bien des projets structurants», explique Mathieu Klein, maire de Nancy, président de la Métropole du Grand Nancy et président de Lorr’Up.
Le programme Reisol (Réinvestir le sous-sol lorrain), en passant par les actions en cours au niveau de plusieurs filières sont autant de pistes engagées pour négocier ce virage et de continuer en ligne droite.
Dans le climat général de réindustrialisation souhaitée, la Lorraine affiche un atout de taille, «celle d’avoir un passé industriel fort et une connaissance quasi ancrée des mécanismes industriels, en gros nous savons ce qu’est une usine», renchérit Loïc Vautrin.
Réindustrialisation, des choix à faire...
Sur cette question de la réindustrialisation, Anaïs Voy-Gillis, docteure en géographie, chercheuse à l’IAE de Poitiers et directrice de la stratégie RSE chez Humens (dont la filiale Novacarb est basée à Laneuveville-devant-Nancy), est intervenue pour élargir la perspective.
«L’Industrie n’est pas une fin en soi mais un moyen (...) L’un des enjeux est de préserver et de transformer l’existant tout en repensant collectivement les ressources. La réindustrialisation impose des choix. Est-ce que l’on crée des industries entièrement robotisées pour créer de la valeur ou l’on implante des industries pour créer de l’emploi», lance la chercheuse.
Une prise de hauteur complétée par l’intervention de Sana Dieudonné, docteure en biologie et membre de l’Institut Michel Serres, qui applique les mécaniques du vivant au monde de l’entreprise : «Nous avons tout à apprendre du vivant ; il nous aide à concevoir une économie intrinsèquement adaptable».
Autant de pistes de réflexions à moudre histoire d’aboutir à une vision stratégique adaptée.
Trois autres rencontres sont programmées pour y parvenir. Fin novembre autour de la sobriété foncière, en 2027 sur les filières stratégiques et les économies de transitions et une sur les ressources du territoire.
La feuille de route définitive sera présentée à l’AG de l’agence en juin prochain.