L'Aisne a un nouveau président. Depuis la démission annoncée de Nicolas Fricoteaux qui briguera un poste de sénateur en septembre prochain, l'élection de Pierre-Jean Verzelen à sa suite ne faisait que peu de doutes. Le candidat de la majorité a recueilli 30 voix sur les 42 exprimées contre 6 pour Caroline Varlet-Chenu, représentante de l'union de la gauche et des écologistes. Fait cocasse, Sarah Batonnet, candidate «dissidente» de la majorité n'a recueilli aucune voix, pas même la sienne...
Du sénat à la présidence de l'Aisne
Pierre-Jean Verzelen n'est pas un inconnu de la politique départementale, loin s'en faut. Aujourd'hui âgé de 42 ans, il a été vice-président de l'Aisne de 2015 à 2020, année où il est élu sénateur. Il a donc décidé de ne pas se représenter au Palais du Luxembourg pour briguer la présidence de l'Aisne, un choix loin d'être évident pour ses proches ou les observateurs politiques locaux. «Les quelques personnes à qui j'ai parlé de ce choix au début, ont oscillé entre l'interrogation, le côté dubitatif, et la profonde incompréhension, sourit Pierre-Jean Verzelen, nouvellement élu président de l'Aisne. On me parle de hauteur, de prestige, de place mais je ne vois pas les choses de hauteur mais en profondeur. J'ai l'impression de monter en première ligne, de me confronter à nouveau à la réalité et au quotidien de la vie». Il souligne que de voir un sénateur quitter son poste pour devenir président d'un Département est une chose rare, «il n'y en a qu'un seul qui l'a fait depuis 30 ans». Il affirme bien connaître le département qu'il a «dans la tête et dans le cœur» et souligne la particularité du Conseil départemental, «une échelle aimée par les gens».
Ses premiers mots sont allés aux agents du Département dont il reconnaît l'importance de ce qu'ils font dans cette «collectivité de l'humain». Il a aussi rendu hommage à l'action de son prédécesseur Nicolas Fricoteaux, redevenu conseiller départemental, rappelant que d'une majorité «très relative» obtenue en 2015, il était parvenu à l'élargir et à faire travailler une majorité «recomposée» dès 2018.
«Je souhaite incarner, impulser, assumer»
Désormais président de l'Aisne, Pierre-Jean Verzelen entend valoriser les actions de la collectivité. «Je souhaite incarner, impulser, assumer, dit-il. Incarner la collectivité, impulser la politique et assumer les bons comme les moins bons moments à passer». Il entend ne pas limiter le Département aux compétences propres qui sont les siennes : «Tout sujet qui se passe dans l'Aisne regarde le Conseil départemental», explique-t-il, citant l'économie dont la compétence revient à la Région et aux intercommunalités mais aussi la transition écologique des bâtiments, l'eau, la désertification médicale et la perte d'habitants.