«Le but est d’être fiers ce que ce qu’on fait, expliquent Florence Syoen, co-associée, et Arnaud Bovin, président de la SAS Normandie Textiles, dans le cadre d’une reconversion professionnelle. Nous voulons porter un bout de textile fait en France. C’est un peu de la résistance. Ca a un vrai sens. Chaque chaussette passe entre nos mains. On en est les premiers fans».
Gaies et atypiques
Depuis quelques semaines, ce duo de touches à tout a lancé deux collections de chaussettes unisexe. La première «Pied-roi», dédiée aux territoires locaux, comprend notamment une gamme dédiée aux communes du trait de côte. Comme Eu avec son château, sa collégiale, sa forêt, ses fleurs de lys et son drapeau de la Normandie, Le Tréport et ses bateaux de pêche ou les phoques de la baie de Somme. Dans les terres, la vallée de la Bresle avec son souffleur de verre rend hommage à la tradition verrière. La seconde «Lulu-Berlue» se veut plus malicieuse avec des motifs de sirène, licorne ou de porte-bonheur.
«On avait envie de chaussettes gaies et atypiques, confie le couple. Ce sont des articles du quotidien que l’on peut décliner à l’infini. On a tous un regard bienveillant envers elles. Les dessins sont réalisés sur un logiciel. On part de zéro. Il faut beaucoup d’essais et de corrections, notamment de couleur, avant de parvenir à un produit qui nous satisfait. Au total, nous proposons une vingtaine de modèles unisexe de tailles 38-40 et 41-43».
Déjà un beau succès
Florence Syoen et Arnaud Bovin ont installé leurs quatre machines de tricotage dans une partie d’un local qui abritait une fonderie. Quant aux fils utilisés, ils sont en coton, en polyamide et en élasthanne. Chaque paire semi-artisanale est fabriquée en petite série. Le couple peut déjà compter sur trois revendeurs : Le Rafia des Merveilles à Eu, Villa Savoie à Mers-les-Bains et la Fromagerie d’Ault.
Et le succès est déjà là. «Ca plait beaucoup par les couleurs joyeuses et l’originalité. Cela fait de jolis cadeaux souvenirs», assure le couple, qui projette de créer une boutique en ligne. Florence Syoen et Arnaud Bovin sont à la recherche d’autres revendeurs locaux. Ils ont déjà reçu des demandes d’entreprises et aussi de revendeurs installés sur des sites touristiques importants de France : «Nous entendons d’abord nous concentrer sur notre territoire, confient-ils. Nous avançons pas à pas, de façon prudente. Le but est de nous développer et de recruter par la suite».