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Formation

Saint-Dié : Structuration de la formation bijouterie-joaillerie

Répondant aux besoins des entreprises Orest et Aurigane implantées à Saint-Dié-des-Vosges, la Région et l’État ont su jouer collectif pour initier deux parcours de formation adaptés avec en ligne de mire la professionnalisation de la filière bijouterie-joaillerie sur le territoire déodatien. Alors qu’un CAP en formation continue a démarré au lycée Georges Baumont en mai, ce sera un Brevet national des métiers d’art (BNMA) qui sera lancé dès la rentrée de septembre.


Un besoin de formation né de l’implantation en 2021 dans les Vosges de l’entreprise alsacienne Orest (aujourd’hui filiale du groupe LVMH) à Saint-Dié-des-Vosges alors qu’Aurigane (rachetée par le groupe Richemont) spécialisée dans la joaillerie artisanale de haute qualité y est installée depuis 1997. Face à cette dynamique et à la bonne santé économique de ces deux locomotives, les acteurs locaux ont rapidement compris qu’un accompagnement devait se mettre en place pour répondre à la demande de main-d’œuvre qualifiée. «La Région s’est engagée en investissant plus d’un million d’euros dans la formation continue dédiée aux métiers de la bijouterie-joaillerie en ciblant en particulier les demandeurs d’emploi au moment même où une entreprise spécialisée dans l’industrie automobile fermait ses portes et où la reconversion pouvait apparaître comme une solution pour certains», se remémore David Valence, ancien maire de Saint-Dié et ancien député. Pour y parvenir, le Grand Est a sollicité différents partenaires dont l’Éducation nationale via le GIP Formation Tout au long de la vie, le Greta-CFA Sud Lorraine, le lycée Georges Baumont mais également l’UIMM de Saint-Dié. Partant d’une feuille blanche, le défi était de créer une ingénierie autour d’un parcours sur mesure, répondant aux besoins des entreprises. Un défi relevé, en un temps record, (en seulement six mois) autour d’un certificat de qualification paritaire de la métallurgie (CQPM). Près de quatre-vingts personnes ont d’ailleurs bénéficié des différentes actions de formation continue dont quarante-cinq ont été embauchées par Orest ou Aurigane.

La structuration de la filière

«Face aux besoins constants des entreprises s’est ensuite posée la question de la formation initiale, c’est-à-dire des parcours d’études», explique David Valence, ajoutant que l’ambition de lancer en parallèle plusieurs parcours a abouti «plus vite que prévu». Et pour cause, dès le mois de mai, le CAP en formation continue «Art et techniques de la bijouterie-joaillerie» a démarré dans les locaux du lycée Baumont équipé d’un plateau technique. Sélectionnés par France Travail et le Greta, huit stagiaires ont intégré la filière alors que près de quatre-vingts avaient postulé. «L’attrait de ce métier d’art explique l’engouement de candidats venant de toute la France», précise Éric Bogeat, le proviseur du lycée Georges Baumont. Six stagiaires ont été pré-recrutés par Orest et Aurigane, tandis que les deux autres, visant l’artisanat indépendant, effectuent leurs stages dans des PME indépendantes. À la rentrée de septembre 2026, le lycée déodatien inaugurera le nouveau BNMA «Art du bijou», une formation post-collège en trois ans de haut niveau technique. Douze élèves passionnés viennent d’être recrutés, certains ayant déjà une certaine pratique personnelle de la bijouterie. Avec ce diplôme, l’enjeu est de former des artisans capables de maîtriser des techniques complexes et d’avoir une connaissance complète du métier. Ces deux parcours enrichissent l’offre proposée par ce lycée polyvalent à dominante industrielle et scientifique avec la naissance d’une nouvelle voie vers les métiers d’art, particulièrement prisés. Aussi, un lien direct avec la filière «usinage» de l’établissement devrait être prochainement créé autour de la micromécanique, essentielle pour des pièces fines en horlogerie ou bijouterie. Reste à nouer un partenariat avec Orest et Aurigane pour «colorer» le diplôme et ainsi créer des passerelles et de nouveaux débouchés aux élèves.

La voie de l’apprentissage

En parallèle, un troisième parcours sera inauguré en septembre 2027 : un CAP en apprentissage sur un an pour des profils de sortie de bac prévoit le recrutement de huit personnes. «Nous pouvons nous appuyer sur deux entreprises appartenant à des groupes qui ont des capacités d’investissement énormes», tient à rappeler David Valence, évoquant «l’opportunité et la chance» pour des jeunes ou des publics en reconversion de trouver des solutions de formation de qualité et de proximité sur le territoire déodatien. Une bonne nouvelle alors que le Gouvernement a décidé de réduire drastiquement les subventions destinées aux centres de formation d’apprentis avec une baisse de 88% contre 50% annoncée initialement, soit un budget de 17,10 millions en 2025 contre 2,10 millions en 2026 pour le Grand Est. «Une mauvaise nouvelle et une mauvaise décision» dénoncée par Valérie Debord, vice-présidente de la Région Grand Est qui précise que les Régions de France poursuivent leur action de lobbying pour éviter un «stop and go délétère pour les entreprises qui ont des plans d’investissement et de formation. La priorité est qu’elles puissent se projeter financièrement». Il reste une petite année pour justement préparer et installer ce nouveau CAP en apprentissage qui s’ajoutera aux deux autres parcours synonymes de structuration et de pérennité pour la toute nouvelle filière bijouterie-joaillerie de Lorraine.

«Face aux besoins constants des entreprises s’est ensuite posée la question de la formation initiale»