Après deux épisodes de chaleur précoce, la côte picarde entre de plain-pied dans la haute saison. Appréciée des vacanciers et des habitants du territoire pour ses vastes plages, elle accueille chaque été des milliers de baigneurs. Pour veiller à leur sécurité, les bénévoles de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) se mobilisent quotidiennement au sein des sept postes de secours installés entre Fort-Mahon-Plage et Mers-les-Bains.
Si la Somme compte aujourd’hui 120 volontaires (secouristes, formateurs, mécaniciens navals, personnels des fonctions support, etc.), l’enjeu majeur demeure le recrutement de ces «anges gardiens». «C’est l’un des défis les plus importants. Comme partout, nous sommes de plus en plus confrontés à une crise du bénévolat», regrette Julien Drelon, directeur du Centre de formation et d’intervention (CFI) de la Somme.
Des sauveteurs formés et recyclés chaque année
Installé à Abbeville depuis 2025, le CFI assure à la fois la mise en place des dispositifs prévisionnels de secours lors de manifestations terrestres et maritimes, ainsi que la formation des nageurs-sauveteurs surveillant les baignades pendant la période estivale. «Pour devenir nageur-sauveteur, il faut valider un ensemble de six diplômes : le Brevet national de sécurité et de sauvetage aquatique (BNSSA), les Premiers secours en équipe de niveaux 1 et 2, le certificat restreint de radiotéléphoniste, ainsi que la qualification Surveillance et sauvetage aquatique, mention pilotage, qui s’obtient à l’issue d’un stage en mer», détaille Julien Drelon.
Le recrutement débute dès le mois de septembre pour la saison suivante. Ensuite, les sauveteurs doivent suivre une remise à niveau annuelle. «Si un sauveteur n’est pas recyclé, il ne peut pas exercer» précise Julien Drelon. Sur la plage, leur zone de compétence s’étend jusqu’au bord de mer et à 300 mètres au-delà du rivage. Depuis le poste de secours, le chef de poste organise des rotations entre la vigie, les patrouilles sur la plage et en mer ainsi que l’infirmerie. «Tout l’enjeu est de surveiller en se faisant oublier. Il faut que l’on nous trouve rapidement, mais il faut aussi savoir rester discrets : les gens sont là pour passer un bon moment», résume-t-il.
Des bénévoles engagés par passion
Charly Michaud fait partie de ces infatigables volontaires. Aujourd’hui chef de poste SNSM à Fort-Mahon-Plage, il a grandi dans cet univers. «Mon père, Florent, a cofondé le centre de formation de la Somme. C’était donc naturel pour moi de m’investir» confie celui qui est aussi pompier. Pour lui, l’essentiel réside dans le contact humain. «Nous créons des liens de confiance, aussi bien avec les vacanciers qu’avec les habitants», souligne-t-il.
Une philosophie qu’il transmet aux nouvelles recrues, au nombre de 13 cette année, en insistant également sur la prévention. «Une bonne intervention, c’est celle que l’on n’a pas à faire», ajoute-t-il. Une approche qui porte ses fruits puisqu’aucune noyade n’a été recensée dans la zone de baignade surveillée de Fort-Mahon-Plage depuis plus de dix ans. Un record que les sauveteurs entendent bien prolonger cette année encore.