«L’année 2025 s’est soldée par des trafics en légère hausse, mais en hausse malgré tout», s’est réjoui Hervé Bonis, président de l’Umep du Havre, le 22 mai à Sainte-Adresse. L’Union maritime et portuaire, qui regroupe environ 150 entreprises, a présenté un bilan d’activité jugé solide, malgré un environnement international incertain. «Nous avons dépassé 3,1 millions d’EVP en termes de conteneurs, soit une augmentation de plus de 3 %», a poursuivi le président.
Des résultats qui se confirment sur le premier trimestre 2026, avec une progression de 11,8 % à fin mars. «Évidemment, à cette date, le conflit au Moyen-Orient n’avait qu’un mois», reconnaît Hervé Bonis, qui reste cependant confiant pour l’avenir. «Nous n’avons pas connu d’interruption des chaînes logistiques ou de congestion portuaire en cascade, comme cela était le cas lors de l’épisode du Covid».
Un contexte géopolitique moins impactant que prévu
Les acteurs du port du Havre constatent des effets négatifs, mais plus limités qu’anticipé. La zone Middle East reste fortement touchée, même si des solutions de dérivation sont mises en place pour contourner le détroit d’Ormuz, notamment avec des ponts terrestres. «Des schémas se mettent en place, même s’ils sont relativement onéreux. Mais la logistique s’adapte», constate le président de l’Umep. Les principaux impacts économiques se concentrent «sur le soutage et sur le prix du bunker (carburant, ndlr). Les armements ont mis en place ce qu’on appelle des emergency bunker surcharges — ou fuel surcharges selon les appellations».
Pour Hervé Bonis, les incertitudes demeurent quant à l’impact de ce conflit sur la consommation des Français, qui influe directement sur le trafic maritime. Même constat concernant la guerre tarifaire avec les États-Unis, qui ne perturbe pas réellement le port du Havre. «L’an passé, en début d’année, elle était à son paroxysme, on a dit que ce serait la fin du monde. Et puis finalement, les flux se sont maintenus», sourit le responsable.
Le dispositif européen ETS en question
Si la situation géopolitique a finalement peu d’impact négatif sur le port havrais, celui-ci semble avoir bénéficié des perturbations rencontrées par les ports du Nord ces derniers mois. «Rotterdam et Anvers, notamment, ont connu des mouvements de grève, entraînant des congestions et des temps d’attente», souligne Hervé Bonis. Le responsable reconnaît que «les soubresauts de la politique en France créent un cran d’incertitude supplémentaire», sans inquiétude majeure.
Ses craintes se tournent davantage vers le dispositif européen ETS, qui vise à taxer les émissions de gaz à effet de serre dans le transport maritime. «Nous encourageons bien entendu la décarbonation. Mais ce dispositif européen, en l’état, défavorise nos ports au profit d’autres ports, notamment en Angleterre ou en Afrique du Nord», regrette François Guérin, vice-président de l’Umep. Pour l’Umep, la réflexion doit être portée au niveau de l’Organisation maritime internationale (OMI).
Pour Aletheia Press, Laetitia Bremont
Des projets
Le 22 mai, l’Umep du Havre a lancé un site internet refondu. Il est désormais possible de consulter l’ensemble des fiches métiers du port du Havre ainsi que les offres d’emploi qui y sont liées. Par ailleurs, l’Union maritime et portuaire travaille à intégrer pleinement en son sein les transporteurs et industriels, actuellement membres partenaires.