C'est un des chantiers d'insertion emblématiques de l'Aisne avec celui de l'abbaye de Vauclair ou encore celui de Coucy-le-Château. Comme à Vauclair, le Département est ici propriétaire du site et a confié le chantier d'insertion à l'association Un Château pour l'Emploi qui opère au total six chantiers du même type dans l'Aisne et huit dans l'Oise. «Il y a une quinzaine d'années, lorsque le chantier d'insertion était opéré en direct par le Département, il n'y avait que deux bungalows de travail mais vu l'ampleur que cela a pris, il a fallu développer et créer une vraie base de vie, relate Patrick Fouquet, technicien au service Architecture et bâtiments au sein pour le Département. Ils ont créé un atelier, une forge pour travailler différents matières alors qu'au début, le chantier d'insertion travaillait exclusivement sur le montage de pierres dans les douves».
Depuis 2019, le chantier d'insertion a été confié à Un Château pour l'Emploi qui y programme les travaux et emploie 16 personnes. «Les travaux sont programmés et validés par les Monuments historiques et les architectes des Bâtiments de France puisque le site est classé, on s'attache à faire de l'entretien, on ne reconstruit pas des tours par exemple», développe Patrick Fouquet. Dernièrement, un travail de restauration a été mené sur le pont-galerie et les parkings et espaces verts du site ont été réaménagés.
60% de retours à l'emploi
Les 16 salariés en insertion sont originaires des secteurs de Château-Thierry et de Soissons et sont pour la plupart des allocataires du RSA. Ils travaillent ici sous la responsabilité d'un encadrant en la personne de Cédric Vilette et sont accompagnés dans leur projet professionnel par Manon Bordat, accompagnatrice socio-professionnelle. «Ce chantier est intéressant parce qu'il est assez varié et multi-tâches, les salariés peuvent faire du pavage, de la maçonnerie, de la peinture, des espaces verts», souligne l'accompagnatrice. Ce chantier d'insertion se distingue aussi par une forte mixité entre hommes et femmes. «Nous leur faisons un premier contrat de 4 mois et celui-ci peut être renouvelé plusieurs fois et s'étendre au maximum jusqu'à 24 mois, souligne Emmanuel Busin, directeur de l'association. Le taux de retour à l'emploi après le chantier est d'environ 60%».
Thomas Dudebout, vice-président du Département en charge des politiques d'insertion et de l'emploi, estime que ces chantiers peuvent servir à rapprocher des publics éloignés de l'emploi au monde du travail. «Cela remet dans le bain des personnes qui sont au chômage, qui se remettent en activité mais qui sont aussi accompagnées pour la suite et leur projet professionnel», explique-t-il. Parmi les salariés du chantier, beaucoup expliquent réaliser des démarches pour passer leur permis poids-lourds ou envisagent de travailler dans la logistique ou encore l'industrie.