Quel est votre rôle ?
Je me dois d’être la figure référante pour les commerçants abbevillois. Mon rôle, et celui des personnes avec qui je travaille, est d’être facilitant à tous les niveaux notamment pour les porteurs de projets. Cela signifie leur donner les bonnes informations et les bons contacts tant en continuant d’épauler les commerçants déjà présents.
Comment se porte le commerce de centre ville ?
Par rapport à certaines villes équivalentes, il ne se porte pas si mal mais on sait que l’équilibre est relativement fragile face aux zones commerciales. L’exemple le plus flagrant est la fermeture récente de la dernière poissonnerie. Cela doit être considéré comme un message d’alerte. A contrario, la reprise de la cordonnerie est une belle nouvelle.
Quel est le pourcentage de locaux vacants ?
Au total, nous comptons près de 350 commerces. Le taux de pourcentage de locaux vacants et de 7%. Il monte à 10% si nous incluons la chaussée Marcadé, qui a perdu beaucoup de dynamisme. Nous allons mener une stratégie dédiée à cette artère entrante. Nous bénéficions d’un beau réseau de boutiques indépendantes, d’artisans, de créateurs. Nous avons déjà organisé une réunion avec les commerçants. Nous allons en refaire une avec les bars, restaurants et hôtels le 28 septembre. En aout, la majorité d’entre eux restent fermés. Nous aimerions réfléchir avec eux pour conserver des commerces ouverts sur la période estivale et sur d’autres sujets. On doit accepter d’être un territoire de tourisme et d’apporter une offre toute l’année. Abbeville ne doit plus seulement être la porte d’entrée de la baie de Somme mais sa capitale.
Quels sont vos autres projets ?
Pour dynamiser le centre ville et avoir un impact sur le montant des loyers, parfois élevé, nous voulons mettre en place une foncière, en partenariat avec la mairie d’Amiens. Une boutique éphémère va voir le jour en fin d’année dans le local actuellement occupé par le point de vente des transports en commun d’Abbeville, BAAG, rue du Bois. Il est important de garder une diversité de commerces. Le parvis Saint-Vulfran avec son fromager, son épicerie fine, son traiteur italien et sa boulangerie-pâtisserie, est un exemple à suivre.
Quels sont les points noirs ?
Depuis le développement d’internet et le Covid, il y a un désintérêt pour les commerces physiques… De plus, la majorité des clients viennent en voiture en centre ville. S’ils ne trouvent pas de place de stationnement, ils font demi-tour facilement et, au mieux, se rendent dans les zones commerciales. Il faut encourager l’esprit de flânerie. Le stationnement restera gratuit mais il faut le simplifier. A moyen terme, des panneaux seront installés et signaleront le nombre de places disponibles sur les parkings. Nous voulons aussi revoir la signalétique pour indiquer les jours de marchés, les restaurants… C’est dommage que les commerçants du marché, qui se déroule le jeudi, ne soient plus là l’après-midi. Nous voulons redéfinir des règles pour qu’elles soient appliquées par tous et augmenter son attractivité. Les halles ouvrent deux fois par semaine, le jeudi et le samedi. Une réflexion est menée pour augmenter cette fréquence et trouver une autre manière d’occuper l’espace juste à côté. Cet été, nous sommes passés de trois à six marchés nocturnes les vendredis. L’ambiance est vivante, l’offre qualitative, les clients sont au rendez-vous et cela donne un air festif au centre ville.