Interview
Agriculture

Agriculture Meuse : «L’occasion de parler de notre savoir-faire»

À la veille de l’ouverture de la 62e édition du salon de l’agriculture, tour d’horizon des sujets de préoccupation de la profession avec Nicolas Pérotin, le président de la chambre d’agriculture de la Meuse.

© Chambre agriculture Meuse. «Notre sentiment est que notre pays ne protège pas ses enfants», estime Nicolas Pérotin, le président de la chambre d'agriculture Meuse.

© Chambre agriculture Meuse. «Notre sentiment est que notre pays ne protège pas ses enfants», estime Nicolas Pérotin, le président de la chambre d'agriculture Meuse.

Les Tablettes Lorraines : À l’heure où la profession est engluée dans des crises qui se succèdent, que représente encore, selon vous, le salon de l’agriculture ?

Nicolas Pérotin : C’est un lieu d’échange et de dialogue avec les consommateurs. Le nombre d’entrées témoigne, année après année, de l’intérêt qu’ont les Parisiens et les Français à venir croiser les agriculteurs. C’est aussi l’occasion de parler de notre savoir-faire. La Meuse est un petit département avec peu de population et moins de moyens, mais nous ne manquons pas d’atouts. Notre présence est importante pour passer des messages et mettre un coup de projecteur sur ceux qui sont engagés dans des circuits courts. Depuis quelques années, nous voyons de plus en plus de jeunes qui reviennent et œuvrent dans la transformation avec une diversité de produits. Il nous reste à améliorer les circuits moyens-courts, c’est-à-dire l’approvisionnement des collèges, lycées, l’armée…

Dans quel état de santé se trouve l’agriculture meusienne ?

Pour une zone intermédiaire comme le département de la Meuse, notre première assurance est de nous appuyer sur des ateliers diversifiés et d’être en premier lieu polycultures, éleveurs. En élevage, globalement, les gens se portent plutôt bien, avec évidemment le bémol des crises sanitaires. On a perdu 22 millions d’euros concernant uniquement l'impact FCO 2024, sur les départements, compensés partiellement à hauteur de 7 millions par des aides. Le problème vient des céréales après trois années marquées par un manque de rendements ou de prix trop bas.

Face à ce constat, le Gouvernement vous promet une loi d’exception. Quel regard portez-vous sur cette promesse ?

On n’a aucune garantie, mais encore une fois, on va faire notre boulot, chacun à notre niveau de lobbying et de démonstration. La France a eu une stratégie de la montée en gamme. Pour quel bilan ? Il y a quinze ans, tous nos produits étaient consommés à 80% contre 60% aujourd’hui. C’est un échec. La surtransposition est une réalité qui se traduit par le fait que la ferme France, pays du fromage, en 2027, va devoir importer du lait. Notre sentiment est que notre pays ne protège pas ses enfants.