Décryptage

Agroalimentaire : rentrée compliquée pour le groupe Bonduelle

La situation est «très compliquée». Xavier Unkovic, directeur général du groupe Bonduelle, ne mâche pas ses mots. Alors que l'été s'achève sur des épisodes de canicules et de sécheresses, le géant de l'agroalimentaire subit de plein fouet les aléas climatiques et un climat géopolitique tendu.

Dans les champs, les campagnes de récolte s'achèvent, non sans mal. «Nous affinons nos prévisions de vente pour être les plus à même de répondre aux aléas du climat. La situation est très dure pour nos partenaires agricoles qui subissent de plein fouet les crises». L'entreprise régionale Bonduelle, forte de ses 173 ans d'existence, mise sur sa force de frappe depuis toujours : les 2 000 agriculteurs avec lesquelles elle travaille, dont 600 dans les Hauts-de-France. 

Dans une filière française sous tension, Bonduelle se veut «au cœur des champs» et se refuse à importer ce qui peut être récolté sur nos terres : «Les légumes surgelés ou en conserve se préservent tout au long de l'année avec tous leurs apports. Si on importe des légumes, en trois ou quatre heures, on détruit les bénéfices nutritionnels. Ce sont des éléments vivants qu'il faut préserver» poursuit le directeur général.

«Pas de Bonduelle sans agriculture française»

Dans un contexte inflationniste, le groupe aux 9 000 collaborateurs se fixe même un objectif sociétal : mettre à disposition de tous des légumes «avec du goût et à un prix abordable». Pour autant, entre les canicules et les conflits mondiaux, les récoltes sont en baisse : environ -24% pour les pois et carottes, - 10 à 15% pour le maïs... «Quand les champs ne sont pas irrigués, il peut y avoir jusqu'à 75% de pertes» se désole Xavier Unkovic. Par conséquent cette année, les baisses de volumes pourraient être de l'ordre de 10 à 15%.

Agriculture régénératrice

La solution pour Bonduelle : miser sur l'agriculture régénératrice, qui apporterait entre 20 et 25% de productivité supplémentaire. Le groupe aide donc ses agriculteurs à développer la digitalisation des parcelles et l'utilisation de drones. 60% de ses agriculteurs partenaires sont engagés dans cette démarche, avec un objectif de 80% à horizon 2030.

Le groupe est connu à travers trois marques – Bonduelle, Cassegrain et Globus pour l'Europe de l'Est – et produit également pour les marques de distributeurs. Malgré tout, Xavier Unkovic se veut rassurant : «Il y aura toujours des produits Bonduelle dans les rayons. Mais il va falloir être très vigilants pour ne pas tomber en rupture».