Portrait
Tourisme

Bar-le-Duc : un quartier-musée remarquable à parcourir

Composé d’un ensemble architectural riche et diversifié, principalement des XVIe et XVIIIe siècles, la Ville haute de Bar-le-Duc est un joyau méconnu des Lorrains. Une programmation de conférences et de visites prévue les 19 et 20 septembre prochains, lors des Journées européennes du patrimoine, devrait donner la possibilité aux amateurs d’histoire, comme aux néophytes, de mieux comprendre l’âme de la ville chef-lieu de la Meuse. 

Lever les yeux vers le ciel et profiter d’une vue imprenable sur vingt-six hectares d’un quartier riche. Seule la notoriété n’est pas à la hauteur des trésors qui s’y trouvent, comme sa forte concentration d’hôtels particuliers en pierre de taille. Frontons sculptés, pilastres cannelés et gargouilles en surplomb dévoilent le passé prestigieux du lieu, synonyme de voyage dans le temps pour les visiteurs. Surnommé «quartier Renaissance» pour capitaliser sur le premier âge d’or de Bar-le-Duc, le site sauvegardé de la Ville haute offre avant tout un patrimoine diversifié, avec de nombreux édifices des périodes classique et baroque rocaille : un savant mélange de styles architecturaux inédits. Figé après la Révolution française, au moment où les monopoles ont été abolis, ce quartier a su préserver son caractère ancien. La preuve avec la maison située au n°25 de la place Saint-Pierre, construite à pan de bois et à encorbellement à colombage, illustrant l’architecture barisienne d’avant 1500. Au fil des rues, les découvertes s’enchaînent avec le musée Barrois installé dans les vestiges de l’ancien château des ducs de Bar (à proximité de l’esplanade), la Tour de l’Horloge et la Tour Heyblot, derniers vestiges des anciennes fortifications, sans oublier le pressoir seigneurial, caché derrière les portes du 75 rue des Ducs.  

Conférences et visites guidées au programme

Si les étapes sont nombreuses, l’émerveillement atteint son paroxysme place Saint-Pierre face aux joyaux architecturaux de ce quartier-musée. Y trônent l’îlot de la Halle, où les traces des anciennes arcades apparaissent, et l’imposante église Saint-Étienne de style gothique. À l’intérieur, un riche mobilier côtoie plusieurs œuvres d’art, dont deux pièces majeures du sculpteur meusien de la Renaissance Ligier Richier : Le Transi et Le Christ et les deux larrons. Pour satisfaire la quête de curiosité des visiteurs, un programme annuel de visites guidées thématisées est assuré par des guides-conférenciers. Au-delà des sites accessibles tout au long de l’année, les 19 et 20 septembre prochains, des conférences et des ouvertures inédites sont prévues dans le cadre des Journées européennes du patrimoine. Une occasion unique de pénétrer dans des adresses privées, comme l’hôtel de Salm, et des bâtiments publics, à l’image de l’hôtel de Florainville, abritant le Palais de justice. En collaboration avec l’association Patrimoines en Barrois, des points de médiation seront d’ailleurs assurés par des passionnés. Si ce quartier Renaissance est une figure de proue facile à promouvoir, d’autres pépites s’imposent à l’image du collège Gilles de Trêves, monument de la Renaissance situé à l’intermédiaire entre Ville basse et Ville haute de Bar-le-Duc, labellisée «Ville d’art et d’histoire». À découvrir à pied et sans modération.

«Seule la notoriété n’est pas à la hauteur des trésors qui s’y trouvent»

Requalification de la place Saint-Pierre

Si la place Saint-Pierre a été l’emplacement privilégié des foires à l’époque médiévale, l’espace est désormais réduit à un simple parking. Une configuration qui dénote pour un site bordé par l’îlot de la Halle et les hôtels de l’ancienne noblesse. Face à ce constat, la Municipalité lance une ère de travaux. «Nous allons devoir changer nos habitudes puisque, demain, l’offre de stationnement va évoluer. Nous faisons le pari d’avoir plus de touristes en espérant booster la consommation locale», explique Benoît Dejaiffe, le maire, qui souligne sa volonté de «réveiller Bar-le-Duc». Au-delà de la restauration de la place Saint-Pierre qui coïncide avec la renaissance de l’îlot de la Halle, portée par l’OPH de la Meuse, la Ville défend un plan guide de requalification globale du quartier sauvegardé.