Derrière les barrières de sécurisation, les pelles hydrauliques tapent dans le dur à grands coups de godets alimentant les bennes des dumpers de chantier pour évacuer près de 6 000 m³ de terre dans cette partie sud du Parc Eiffel à Pompey.
Il y a quarante ans, au même endroit, les aciéries de Pompey fermaient définitivement leurs portes, marquant la fin d’une glorieuse période industrielle (débutée en 1872) et le début d’une longue reconversion.
Le programme en cours, «Presqu’île - la Fabrique de la Vitalité», qui s’inscrit dans le cadre de l’opération Cap 2030 portée par la Communauté de communes du Bassin de Pompey (maître d’ouvrage), est l’aboutissement d’une mutation engagée depuis plusieurs décennies.
Un futur écoquartier, dans la continuité du parc d’activités actuel identifié comme un pôle économique majeur du territoire affichant au global 250 entreprises et près de 6 000 salariés, sera une réalité dans les quatre ans à venir.
Ce site accueillera 300 logements, des espaces tertiaires et des équipements de proximité venant prolonger les services déjà présents (l’Espace Multiservices intercommunal, la crèche Archipel multi-accueil, l’espace de coworking FL Tech et le site Delta Affaires, la Maison France Services et le tout récent pôle aquatique La Confluence ouvert depuis le début de l’année).
Un chantier d’une surface de près de sept hectares sous la maîtrise d’œuvre de Lieux Fauves (mandataire), Eodd Ingénierie et Lollier Ingénierie.
«La dépollution du site sera terminée à la fin de l’année et une passerelle piétonne et cyclable est prévue pour relier directement Presqu’île au cœur de Pompey renforçant ainsi les liaisons douces et la continuité urbaine», explique Valentin Dethou, le président de la Communauté de communes du Bassin de Pompey.
Cette opération de dépollution et de désencombrement des sols nécessite, à elle seule, une enveloppe de 2 239 032 euros intégralement soutenue par l’Ademe par le biais du Fonds Vert.
Foncier durablement valorisé
Ce projet repose sur une démarche de reconversion particulièrement encadrée. En 2025, celui-ci a fait l’objet d’un dossier réglementaire modifié, comprenant notamment une évaluation environnementale, une étude d’impact du projet pour mettre à jour les dossiers de la zone d’aménagement concerté (ZAC), un plan de gestion des sols pollués, un mémoire en réponse à l’Autorité environnementale et un bilan financier prévisionnel.
«Cet encadrement confirme l’ampleur technique de l’opération. Il s’agit de traiter un site industriel complexe et d’en corriger les héritages, dans une logique de résorption de friches et de valorisation durable du foncier», expliquait en juin dernier à l’occasion d’un point d’étape Valentin Dethou accompagné de Sébastien Dosé, vice-président à l’aménagement du territoire, et de Laurent Troglic, maire de Pompey et vice-président au développement économique du Bassin de Pompey.
C’est une histoire collective
«Presqu’île n’est pas une opération urbaine isolée. C’est le prolongement d’une histoire collective. Le site a été pensé pour accueillir une nouvelle forme de quartier en continuité avec les besoins de notre territoire».
Le tout doté d’une préoccupation environnementale forte, ADN affiché de la structure intercommunale.
L’architecture urbaine annoncée s’inspirera du paysage de la vallée et de la mémoire ouvrière du site avec des résidences organisées en courées contemporaines et des vues ouvertes sur la Moselle et les coteaux boisés. Plus qu’un renouveau, un avenir assumé...
La Confluence : au-delà du territoire…
Premier marqueur du renouveau de la pointe sud du Parc Eiffel de Pompey, le pôle aquatique et de bien-être La Confluence (ouvert depuis le début de l’année) s’affiche comme un moteur en termes d’attractivité dépassant le périmètre de l’intercommunalité du Bassin de Pompey. Le cap des 100 000 entrées a été dépassé en en quelques mois avec un pic de 1 500 visiteurs par jour pendant l’été.