En bref

Bureaux de poste menacés : la métropole d'Amiens demande des explications

Dans la liste dévoilée par Médiapart des 441 bureaux de poste susceptibles d'être transformés en agence postale ou en point relais d'ici 2027, figurent six bureaux de la Somme dont deux bureaux situés sur le territoire d'Amiens Métropole.

Sur le territoire amiénois, il s'agit du bureau de poste de Boves et celui des Platanes dans le quartier Saint-Acheul d'Amiens. Quand La Poste justifie l'évolution des usages et la baisse du courrier à sa décision, les élus d'Amiens Métropole demandent des explications et une concertation avec la direction. Frédéric Fauvet, le maire d'Amiens et président d'Amiens Métropole, estime que «l'avenir d'un bureau ne peut se juger sur la seule fréquentation ou la seule rentabilité». Il ajoute : «Le temps de trajet, les transports disponibles et la situation sociale des habitants doivent compter». Il rappelle aussi que les maires doivent être associés à ces évolutions et que leur accord est requis pour la création d'une agence communale ou d'un relais commerçant.

Pour une concertation

Frédéric Fauvet s'adresse donc à la direction de La Poste et veut connaître l'ensemble des bureaux de l'agglomération concernés, avec l'impact prévu sur les services et sur l'emploi, tout en demandant le maintien de bureaux de plein exercice partout où le besoin existe. Il souhaite également qu'aucune décision ne soit prise pour Boves et les Platanes sans un échange sérieux avec les collectivités, les habitants et la commission départementale de présence postale territoriale. Pour Esra Ercan, première adjointe à la mairie d'Amiens : «La proximité, c'est pouvoir pousser une porte, être accueilli par une personne, poser une question et être accompagné. C'est la ligne que nous défendons à Amiens : des services publics là où vivent les habitants».

Proximité et service public

Laurent Beuvain, adjoint au maire et pour sa part membre de la commission départementale de présence postale territoriale, exprime : «La modernisation des services publics ne doit pas se traduire par leur éloignement. Nous avons besoin de plus de proximité, pas de moins de services publics». En d'autres termes, la municipalité et la métropole d'Amiens s'inquiètent avec cette décision que les plus fragiles se retrouvent en première ligne : «Les personnes âgées, les habitants éloignés du numérique, ceux qui se déplacent difficilement et les plus modestes seraient les premiers pénalisés. Dans des quartiers et des communes qui voient déjà reculer certains services publics, une nouvelle fermeture creuserait encore l'écart entre les territoires».