Fabriquer une pièce d’hélicoptère, développer un élément de mobilier pour un hôtel ou donner vie à l’objet imaginé par un grand designer : chez Cogitech, ces projets très différents reposent sur une même philosophie. «Notre spécialité sur les moutons à cinq pattes est reconnue depuis des années. L’agilité vient du fait qu’on ne s’interdit rien», résume Olivier Mesplomb, cofondateur.
Si le composite reste au cœur de son activité, l’entreprise travaille également le béton, le plâtre, le papier, le PMMA et d’autres matériaux développés en interne. Une capacité d’adaptation qui lui permet de répondre à des demandes pour lesquelles les solutions n’existent parfois pas encore. «Souvent, les clients viennent avec une intention esthétique plus que technique. Et on répond avec une solution qu’on ne connaît pas aujourd’hui, qu’on découvrira et sur laquelle on va faire des expériences pour arriver à un rendu final», explique Olivier Mesplomb.
Cette culture de l’expérimentation trouve son origine dans le parcours des deux associés. Avant de créer Cogitech, Olivier Mesplomb et Sylvain Quidant se rencontrent dans une entreprise aéronautique. Ils y apprennent à fabriquer manuellement des objets complexes en associant fibre de carbone, aluminium ou bois. Une expérience qui va forger leur vision de l’entreprise. «Quand on sait fabriquer un avion, quand on voit comment c’est fabriqué de manière artisanale, cela ne nous donne pas de limites pour fabriquer d’autres objets», raconte Sylvain Quidant.
Un artisanat contemporain
Cette culture du «sur-mesure» s’appuie sur une organisation qui mêle artisanat et industrie. Cogitech se définit ainsi comme une entreprise d’«artisans 4.0», capable de mobiliser des outils numériques, des compétences d’ingénierie et des gestes manuels. Son atelier dijonnais réunit aujourd’hui production, bureau d’études et laboratoire d’expérimentation, permettant de raccourcir les échanges entre conception, prototypage et fabrication.
Cette approche explique également l’obtention du label Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV). «On porte un artisanat contemporain, avec des matières et des savoir-faire contemporains souvent issus de l’industrie», souligne Sylvain Quidant. La R&D occupe désormais une place croissante dans cette stratégie. Cogitech mène notamment des recherches sur de nouvelles matières et des composites plus responsables.
L’enjeu est double, répondre aux attentes croissantes des donneurs d’ordre en matière d’impact environnemental, tout en conservant le niveau de performance et de finition attendu sur les marchés du luxe et de l’industrie. «On est toujours en veille technologique sur des nouvelles matières qui peuvent arriver sur le marché», précise Olivier Mesplomb. Au-delà d’être un fabricant de pièces composites, Cogitech entend ainsi conserver une longueur d’avance sur la matière, les usages et les procédés.