La récolte des faines, qui sont les fruits du hêtre, est une opération essentielle au renouvellement des forêts françaises. En effet, c’est un patrimoine génétique au service de la forêt de demain. Avec ses 4 322 hectares, la forêt domaniale de Crécy-en-Ponthieu abrite un peuplement de hêtres sélectionnés pour la qualité de leurs semences.
Planter le bon arbre au bon endroit
Chaque automne, les forestiers de l’office national des forêts y récoltent les faines - environ 600 litres - destinées à produire les arbres de demain. Cette récolte, strictement encadrée par l'État et la DRAAF (direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt) répond à un principe simple : planter le bon arbre au bon endroit. Les semences sont ainsi prélevées dans des peuplements adaptés à leur territoire d'origine.
À Crécy, elles proviennent d'un peuplement sélectionné de la région, garantissant des graines adaptées aux conditions locales : «La récolte des faines est préparée plusieurs mois en amont. Dès la floraison, au printemps, les forestiers évaluent le potentiel de fructification du peuplement. Après le suivi de la maturation des fruits durant l'été, une demande de récolte est adressée à la DRAAF, qui délivre un certificat garantissant la traçabilité des semences», explique l’ONF dans un communiqué de presse
Des opérations très précises
Ensuite, les arbres semenciers sont sélectionnés au sein du peuplement classé. Sous chaque arbre retenu, la végétation est broyée puis des filets sont installés afin de recueillir les faines tombées naturellement au sol. Le ramassage est déclenché au moment le plus opportun, lorsque suffisamment de graines ont été récoltées tout en limitant la présence des feuilles d'automne. Les faines sont ensuite triées pour éliminer les éléments indésirables tels que les feuilles, les branches ou les cupules. Cette opération est réalisée grâce à une machine de tamisage qui sépare les différents éléments selon leur taille afin de ne conserver que les graines.
La Sécherie de la Joux, service spécialisé de l’ONF situé dans le Jura, assure le tri final, le stockage et la conservation des semences jusqu'à leur utilisation. Elle réalise également différentes analyses permettant notamment de mesurer leur faculté germinative : «Grâce à cette chaîne de compétences, depuis l'identification des peuplements jusqu'au stockage des graines, l'ONF contribue à préserver la diversité génétique des forêts françaises et à préparer leur adaptation aux enjeux climatiques de demain», conclut le communiqué.