En bref

Croixrault : La ferme des P’tits légumes a souffert de la canicule

Des carottes trop petites, des choux qui ont brulé au soleil… Victorien Lavisse qui tient l’exploitation maraichère de 3 hectares estime ses pertes à 50%. Solidaire de ses clients, il va augmenter légèrement ses tarifs et croise les doigts pour que la sécheresse ne recommence pas. 

«C’est catastrophique», assure Victorien Lavisse, le gérant de La ferme des P’tits Légumes à Croixrault. Comme les autres maraichers, ses productions ont souffert de la sècheresse historique et de la canicule de cette année. 

Manque d'eau

«Les gros pics de chaleur ont fait brûler 95% des choux, la carottes sont ridicules, les salades et les blettes ont monté, les céleris vont être petits, le fenouil a brulé, développe t-il. Je peux encore irriguer ma serre de 1 000 m² mais mon bassin de récupération de 830 m3 qui sert à arroser le plus gros de mon exploitation de maraichage qui se développe sur trois hectares est à sec. Pour le moment, je ne peux pas déchaumer, ni préparer mes parcelles pour les futurs semis».

Installé en 2018 sur un hectare, l’exploitant se développe désormais un total de 12 hectares 50, avec ses cultures de céréales : «Malgré cette triste année, le bilan est positif, assure Victorien Lavisse. J’ai eu la chance de pouvoir m’installer sur des terres de famille et de me développer au fur et à mesure. Je vais augmenter mes tarifs de quelques centimes car le but est de garder ma fidèle clientèle, d’être réglo avec elle. Je vais prendre sur ma trésorerie. Il ne faut que ce scénario recommence l’année prochaine». 

De multiples débouchés

Au plus fort de son activité, qui est annuelle, le maraicher cultive une quarantaine de légumes bio, dont des melons, des pastèques, des haricots violets. Ses clients sont notamment des restaurateurs, comme le restaurant du canard à Hangest-sur-Somme ou Le café de Picardie à Poix-de-Picardie, mais aussi Dupont restauration, un professionnel de restauration collective qui lui permet notamment de livrer à l’institut médico pédagogique de Poix-de-Picardie ou dans des maisons de retraites. 

Via la plateforme Approlocal 80, ses légumes sont servis dans les collèges de Poix-de-Picardie, Beaucamps-le-Vieux et Ailly-sur-Somme. Les vendredi après-midis et samedis matin, les particuliers peuvent faire leur achats en direct dans son magasin flambant neuf de 70 m², abrité dans un beau bâtiment fonctionnel de 500 m² : «Je remarque que les jeunes cuisinent plus que leurs ainés», se réjouit-il. 

Outre ses légumes, ses clients peuvent trouver des fruits, en majorité français, et des spécialités d’autres producteurs comme la bière de La brasserie la Noye à Quiry-le-Sec, les déclinaisons de pommes et de poires du Domaine de la Motelette à Saint-Thibault, des pâtes du Moulin de Mathilde à Hanvoile ou les yahourts du P’tit Berton à Bougainville.