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Déficit public : la Cour des comptes lance à nouveau l’alerte

 La Cour des comptes juge la situation des finances publiques de la France alarmante et appelle le gouvernement à prendre rapidement des mesures fortes.

© Adobe stock.

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Comme chaque année, au début de l’été, la Cour des comptes vient de publier son rapport annuel sur la situation et les perspectives des finances publiques. Ce dernier vient approfondir la première analyse des résultats de l’exercice 2025, effectuée sur la base de données provisoires et sur laquelle la Cour a communiqué en février. Sans surprise, les magistrats financiers ont réitéré les avertissements lancés en début d’année au vu de la situation alarmante des finances publiques françaises.

«Un moment charnière»

Les finances publiques françaises se situent «à un moment charnière», écrit la Cour dans son rapport. En 2023 et 2024, la France a en effet vu son déficit public se creuser alors que la plupart des autres pays de la zone euro parvenaient à améliorer la situation de leur endettement. Cette aggravation de la situation française a été stoppée en 2025 : une nette réduction du déficit a été enregistrée l’an passé – une réduction supérieure aux dernières prévisions gouvernementales. Tout semblait donc bien parti sur «la voie du redressement», estime la Cour, mais «des perspectives macroéconomiques assombries et l’absence de marges de manœuvre dans un contexte politique particulier menacent les objectifs [de réduction du déficit] de l’année 2026».

Une réduction essentiellement imputable à des hausses d’impôts

Plus importante que prévu, la réduction du déficit enregistrée en 2025 reste «insuffisante» pour enrayer la progression de la dette «vers un niveau record», expliquent les magistrats, qui dressent le même diagnostic que celui présenté en février. Cette baisse est essentiellement imputable à une forte croissance des prélèvements obligatoires, tirée par des hausses d’impôts, alors que la dépense publique, qui ralentit, progresse toujours à un rythme légèrement supérieur à celui de la richesse nationale. Au final, le déficit reste à un niveau élevé, «très supérieur à celui qui permettrait de stabiliser le ratio de dette publique, lequel a encore progressé pour atteindre un niveau record». La Cour pointe notamment le déficit de la sécurité sociale, qu’elle juge particulièrement préoccupant.

La réduction du déficit public prévue en 2026 «loin d’être acquise»

Après cet état des lieux, le rapport analyse les risques qui pèsent sur l’exercice 2026 et au-delà, dans l’objectif de ramener le déficit public sous le seuil de 3% du PIB. Or, la dégradation des perspectives macroéconomiques pour 2026 vient fragiliser cet objectif, reportant encore les efforts sur les années à venir. Bien que modeste, la réduction du déficit public prévue en 2026 est «loin d’être acquise», dans un contexte de croissance faible et de risque inflationniste, lié au conflit du Moyen-Orient.

La Cour juge «insuffisants» les efforts de maîtrise de la dépense publique pour contrecarrer la hausse de la charge de la dette. Elle relève que les économies prévues par le projet de loi de Finances et le projet de loi de Financement de la sécurité sociale pour 2026 « ont été largement atténués », lors de l’examen de ces textes par les parlementaires. Résultat : «C’est désormais au risque d’un nouveau recul que sont exposées les finances publiques nationales, dans un contexte où la France ne peut pourtant plus différer les ajustements nécessaires.»

Un risque d’effet «boule de neige» sur la dette

Autre signal d’alarme : la dégradation des perspectives macroéconomiques, et la hausse des prix qui «fait peser une menace sérieuse d’effet boule de neige sur la dette et sur son coût». Et la Cour de marteler, à nouveau : «il est impératif que la France réaffirme son engagement de réduire son déficit public à un niveau suffisant pour atteindre un excédent primaire et crédibilise cet engagement par l’affichage d’une trajectoire pluriannuelle réaliste et volontaire».