Mise en service en 1974, l’unité de valorisation énergétique (UVE) de Dijon traite aujourd’hui près de 140 000 tonnes de déchets par an. Au fil des années, l’ancienne usine d’incinération est devenue un véritable outil de production énergétique, alimentant le réseau de chaleur urbain de l’agglomération.
Pour Céline Tonot, vice-présidente de Dijon Métropole en charge de la Transition écologique, des déchets et de l’énergie et maire de Longvic, la modernisation répond à un double impératif. «Nous devons adapter l’outil à la réglementation européenne, mais aussi à l’évolution des déchets eux-mêmes (déploiement des consignes de tri des bacs jaunes et le développement du tri des biodéchets) les déchets résiduels n’ont plus les mêmes caractéristiques qu’auparavant». La collectivité entend également anticiper les futures normes environnementales plutôt que de les subir. L’investissement s’inscrit dans un programme plus large de transition énergétique mené à l’échelle métropolitaine. Il accompagne notamment l’extension du réseau de chaleur urbain et le développement d’autres productions d’énergies renouvelables sur le territoire.
«L’UVE est autant un outil de production d’énergie qu’un outil de traitement des déchets»
Le programme prévoit la construction d’une nouvelle ligne de traitement avant la rénovation des installations existantes, sans interrompre l’activité du site. Une singularité qui permettra d’assurer la continuité du service public pendant toute la durée des travaux. Au-delà du traitement des déchets, l’enjeu est énergétique. La production de chaleur à destination du réseau de chaleur passera de d’environ 140 à 225 GWh par an, tandis que la production d’électricité progressera également. À terme, l’UVE contribuera à porter à près de 80% la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique du réseau de chaleur métropolitain. «Aujourd’hui, l’UVE est autant un outil de production d’énergie qu’un outil de traitement des déchets», souligne Céline Tonot. «En augmentant notre capacité à injecter de la chaleur dans le réseau urbain, nous pourrons réduire davantage la dépendance aux énergies fossiles».
Le projet doit également améliorer les performances environnementales du site grâce à de nouveaux procédés de traitement des fumées et à une réduction importante de la consommation d’eau. Soutenue par EDF pour un montant de 7,9 millions d’euros de certificats d’économies d’énergie, l’opération s’inscrit dans une stratégie plus large de décarbonation menée par Dijon Métropole. «Cette UVE est une infrastructure majeure pour le territoire. C’est un investissement pour les décennies à venir», conclut l’élue.