En bref

En 2025, l'Adie voit son activité augmenter de 14% dans les Hauts-de-France

L'an dernier, l'association de micro-crédit a accompagné 1 180 porteurs de projet en Hauts-de-France. Un coup de pouce efficace, puisque 78 % des structures accompagnées sont toujours en activité rois ans après leur création. C'est le cas de Goundo Touré, installée à Nogent-sur-Oise.

En 2025, l'Adie Hauts-de-France a accompagné 1 880 entrepreneurs, soit une progression de 14 % par rapport à 2024. Une hausse qui s'explique par les multiples actions de terrain menées par les salariés et les bénévoles de l'association de micro-crédit, mais aussi par la réalité socio-économique de la région. «Nous avons l'un des taux de chômage les plus importants, nous sommes la deuxième région en termes de quartiers prioritaires. Le département du Nord, par exemple, est le deuxième plus pauvre de France», rappelle Jean-Philippe Belland, directeur régional de l'Adie Hauts-de-France.

Ainsi dans la région, 49% des personnes qui se sont tournées vers l'Adie l'an dernier vivent sous le seuil de pauvreté (contre 15,4 % au niveau national). Toujours au niveau régional, 42% percevaient les minima sociaux avant d'entreprendre, contre 7% en moyenne pour l'ensemble des créations d'entreprise. «C'est vraiment à ce public que nous souhaitons nous adresser en priorité. Notre objectif est de leur apporter de l'information et de leur dire que l'insertion professionnelle peut aussi passer par l'entrepreneuriat» poursuit le directeur régional de l'Adie. Lequel constata que «Beaucoup sont d'ailleurs dans cette logique de créer quelque chose pour eux-mêmes, de s'émanciper et de prendre leur avenir professionnel en main», ajoute-t-il.

Des réalités diverses

Aussi active dans les grandes villes qu'en milieu rural, l'Adie va à la rencontre des commerçants, des associations sportives, culturelles ou cultuelles pour présenter ses actions et gagner en visibilité. «Dans les espaces urbains, les populations sont concentrées, tout le contraire de ce qui peut se passer ailleurs. Dans l'Aisne par exemple, nous avons, depuis 2021, un camion aménagé en bureau qui sillonne les villages pour aller au plus près des habitants», indique Jean-Philippe Belland.

En juin, l'association lancera une campagne à destination des femmes pour les encourager, elles aussi, à créer leur entreprise. «Les choses ont évolué : elles représentent aujourd'hui 43% des personnes financées par l'association dans la région, contre 38 % en 2024. Nous sommes presque à égalité, mais j'aimerais que l'on enlève ce "presque"», poursuit-il. Lorsqu'elles accèdent aux financements, les entreprises dirigées par des femmes sont aussi pérennes que celles créées par des hommes. Actuellement, 78 % des sociétés aidées par l'Adie affichent un taux de pérennité à trois ans.

De l'entrepreneuriat durable

C'est le cas de GT Créations, fondée il y a dix ans par Goundo Touré à Nogent-sur-Oise. Atsem jusqu'en 2013, Goundo Touré ne s'était jamais imaginé entrepreneuse. Mais après avoir découvert la couture lors d'ateliers, elle décide de se lancer. «Je crée mes propres modèles à partir de tissus que je sélectionne au Mali et au Burkina Faso, où je me rends une fois par an. Je fais aussi du recyclage», explique-t-elle.

Depuis deux ans, elle tient la boutique Samara l'art du bogolan à Nogent-sur-Oise, où elle présente ses créations - mode et décoration -, mais aussi des objets artisanaux. «L'Adie a été d'une grande aide, aussi bien financièrement qu'administrativement ; je ne me serais jamais lancée sans son aide» constate l'artisane. Et ce lien avec l'association perdure. «Dix ans après, nous continuons à échanger, et dès que je peux, j'en parle autour de moi. Ils m'ont tellement apporté que c'est la moindre des choses que je puisse faire», sourit Goundo Touré, qui anime également des ateliers de recyclage dans les écoles de la ville.