Dossier

Grand-Couronne mise sur l'écoconstruction et le mécénat de compétences

Pour rénover la cour de l'école Victor Hugo et éco-construire un bâtiment périscolaire, la municipalité de Grand-Couronne a fait appel au mécénat de compétences. 

Ce 27 mai, le CAUE de Seine Maritime organisait une après-midi d'échanges autour du nouveau bâtiment périscolaire de l'école primaire Victor Hugo à Grand-Couronne. Un projet qui dépasse la simple reconstruction à neuf d'un bâti devenu vétuste. «Tout est parti de notre programme de rénovation thermique des locaux municipaux», rappelle Julie Lesage, maire de Grand-Couronne. Géraldine Dhoye-Perrey, directrice générale des services de Grand-Couronne, poursuit : «Quand est arrivé le tour de l'école, il était impensable de ne pas demander leurs avis aux usagers, qu'il s'agisse des familles, des enfants ou des enseignants».

Cette consultation laisse apparaître plusieurs sujets au-delà de la réhabilitation thermique des locaux datant du début des années 60. «Le bâtiment périscolaire était en mauvais état et coupait la cour, située sur plusieurs niveaux, en deux, ce qui n'était pas pratique» résume Géraldine Dhoye-Perrey. Ainsi le projet de rénovation prend une nouvelle dimension avec la construction d'une annexe dédiée à l'accueil périscolaire de 178 m² sur le côté de l'école. L'investissement représente environ 60 000 euros. Un réaménagement complet de la cour de 3 900 m² est également mené à bien pour un montant de 500 000 euros avec végétalisation, désartificialisation et installation de jeux.

Écoconstruction et réemploi

«Dès le début, nous avons voulu adopter une démarche d'écoconstruction et de réemploi des matériaux», souligne Géraldine Dhoye-Perrey. Une position qui séduit le cabinet Binôme même si cela n'a pas été toujours évident à mettre en œuvre. «Par exemple, il a fallu déposer le permis de construire sans connaître encore les dimensions des fenêtres que nous voulions récupérer», illustre Fabrice Drain, architecte du cabinet Binôme.

Certaines idées, comme l'utilisation d'une pale d'éolienne pour la toiture ont dû être abandonnées. Mais le travail en bonne intelligence entre le maître d'œuvre et le maître d'ouvrage permet de concrétiser plusieurs réutilisations de matériaux : ossature en bois de réemploi, tuiles en provenance d'une ancienne mairie, sols issus de la filière de réemploi… Si des économies importantes ont été réalisées - près de 35 000 euros pour les sols - la recherche de gisements potentiels de matériaux représente un temps conséquent.

Par ailleurs, les murs sont isolés avec des ballots de paille. «C'est une technique maitrisée sur laquelle nous avons beaucoup de recul et des références», souligne Carole Lemans, salariée de l'Arpe, association normande dédiée à l'écoconstruction. Les enduits intérieurs sont en terre crue. Les eaux de pluie sont récupérées et acheminées, par gravité, dans un espace potager.

Mécénat de compétences

Mais pour mener à bien ce projet ambitieux, qui a dépassé la rénovation thermique par l'extérieur de l'école prévue initialement, la municipalité a dû faire preuve d'ingéniosité. «Pour rester dans nos limites budgétaires, nous avons demandé au cabinet Binôme d'intervenir dans le cadre d'un mécénat de compétence», souligne Géraldine Dhoye-Perrey qui souligne qu'une telle possibilité ne peut s'exercer que dans un cadre réglementaire stricte. De son côté, Fabrice Drain insiste sur une condition incontournable pour accepter, même si l'entreprise bénéficie d'une réduction fiscale : «Une bonne trésorerie est indispensable».

Pour Aletheia Press, Laetitia Brémont