Dossier

Guerre au Moyen-Orient : la BCE se prépare à relever ses taux

La Banque centrale européenne (BCE) devrait relever ses taux jeudi face aux risques d'inflation liés au conflit prolongé au Moyen-Orient. 

La présidente de la BCE Christine Lagarde le 30 avril 2026 à Francfort, en Allemagne © Kirill KUDRYAVTSEV

La présidente de la BCE Christine Lagarde le 30 avril 2026 à Francfort, en Allemagne © Kirill KUDRYAVTSEV

Une hausse pour rassurer, et après ? La Banque centrale européenne (BCE) devrait relever ses taux jeudi face aux risques d'inflation liés au conflit prolongé au Moyen-Orient, les observateurs s'interrogeant désormais sur la poursuite du resserrement monétaire. Les taux directeurs de la BCE ont été maintenus depuis juillet, l'inflation en zone euro semblant revenir sous contrôle. 

Mais depuis, la guerre contre l'Iran lancée fin février par les États-Unis et Israël, accompagnée de la fermeture du détroit d'Ormuz – axe clef pour le transport de pétrole – a provoqué une flambée des prix de l'énergie. Conséquence, l'inflation est repartie à la hausse pour atteindre 3,2% en mai dans la zone euro, nettement au-dessus de la cible de 2% fixée par la BCE. 

Conjoncture sous pression

Plusieurs responsables de la BCE ont préparé le terrain, comme le chef économiste Philip Lane, qui a averti que les prévisions d'inflation pourraient être revues à la hausse en juin, sous l'effet de prix de l'énergie durablement élevés. Encore plus directe, sa collègue au directoire de la BCE Isabel Schnabel a estimé qu'une hausse des taux dès cette semaine était justifiée.

Pour certains économistes, cette décision aurait une portée avant tout préventive. Au-delà de la décision attendue jeudi, les marchés chercheront surtout des indications sur la suite.

Cependant, la présidente de la BCE Christine Lagarde devrait rester prudente : "Le contexte géopolitique reste tellement incertain qu'il est peu probable que la BCE s'engage sur une trajectoire prédéfinie", estime Ulrike Castens, économiste chez DWS.