Le gouvernement a annoncé mardi une prolongation et un élargissement de l'aide aux grands rouleurs pour tenter de répondre à l'inquiétude des Français les plus affectés par les prix records des carburants, provoqués par les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine. L'aide va être prolongée jusqu'à la fin de l'année et le nombre de bénéficiaires potentiels élargi à 5,5 millions de personnes. Pour les bénéficiaires, l'aide de 100 euros représentera l'équivalent de 40 centimes par litre de carburant pour deux mois en moyenne.
Concernant les entreprises, le plafond de la prime carburant, une aide défiscalisée que les employeurs peuvent accorder à leurs salariés, va passer de 600 à 1.000 euros, a annoncé le ministre des PME Serge Papin. Les aides supplémentaires aux ménages et aux professionnels promises mardi représentent 450 millions d'euros, selon le ministre des Comptes publics David Amiel.
Le spectre des gilets jaunes
La colère sociale s'est déjà manifestée la semaine dernière par des blocages de dépôts pétroliers par des pêcheurs. Certains responsables politiques craignent la résurgence de mouvements du type gilets jaunes, né fin 2018 de l'augmentation d'une taxe sur les carburants. La marge de manœuvre de l'exécutif est faible compte tenu de la dégradation des finances publiques. Pour dissiper tout soupçon d'effet d'aubaine fiscale pour le gouvernement, Sébastien Lecornu entend proposer aux parlementaires d'inscrire dans le budget 2027 une "règle d'or" établissant que les surplus éventuels de TVA générés par la hausse des prix des carburants soient neutralisés et restitués aux Français.