Dossier
Culture & loisirs

Le cyclotourisme : une filière à fort impact économique

Bon pour la santé, mais aussi pour le climat, le cyclotourisme génère des retombées économiques non négligeables pour les acteurs qui se structurent. Et si ce loisir pouvait être un atout pour les territoires à la recherche d’un second souffle ? Synonyme d’attractivité, cette filière en plein essor contribue à la diversification de l’offre touristique dans les zones rurales et périurbaines.

© 4Runners-Meuse Attractivité- Une cyclotourisme à la découverte de Verdun.

© 4Runners-Meuse Attractivité- Une cyclotourisme à la découverte de Verdun.

En dix ans, le tourisme à vélo est devenu une activité de tourisme et de loisirs à part entière. Selon les études, 22 millions de Français déclarent faire du vélo pendant leurs vacances alors que le cyclotourisme est devenu la première pratique d’itinérance touristique sur le territoire, renforçant de fait son attractivité. La France se positionne d’ailleurs aujourd’hui sur la seconde marche des destinations mondiales pour le tourisme à vélo, derrière l’Allemagne, avec plus de 9 millions de séjours cyclistes par an, attirant 20% de cyclotouristes étrangers composés de Néerlandais, Belges ou Allemands, particulièrement friands de la tendance du slow tourisme qui permet de découvrir des paysages, un patrimoine et une gastronomie locale. Des pratiques qui induisent une consommation désormais chiffrée, selon les experts, autour de 68 euros par jour par cyclotouriste, soit 25% de plus qu’un touriste classique. Si la crise sanitaire du Covid n’a fait qu’amplifier cette dynamique, c’est bien l’engagement collectif de l’État, des collectivités territoriales et des acteurs institutionnels du tourisme qui ont permis à la filière de se structurer grâce au déploiement d’un schéma national des véloroutes et voies vertes qui s’appuiera sur plus de 26 000 kilomètres de pistes aménagées réalisés à près de 84% au 1er janvier 2025. Avec cet objectif, la France affiche l’ambition de devenir la première destination mondiale du cyclotourisme d’ici 2030. Dans le cadre d’une stratégie de développement touristique, et à l’heure où les territoires misent sur la structuration et la promotion de la filière vélo, la France dispose également du Schéma EuroVelo ; qui, quant à lui, est ouvert à 92,5 %, avec 8 149 km dénombrés parmi dix itinéraires européens. Certains ont acquis une aura internationale, la Vélodyssée (littoral Atlantique), qui mettent particulièrement en valeur les richesses géographiques, culturelles et patrimoniales de leur territoire avec des impacts économiques conséquents de l’ordre de plus de 100 millions par an. 

Levier économique

Consciente de cette réalité économique, l’agence Meuse Attractivité multiplie ses actions afin de positionner sa destination auprès de différentes clientèles pour «faire de la Meuse à vélo, un véritable atout pour le département et l’activité des professionnels du tourisme». C’était tout l’enjeu d’un séminaire organisé en mai à Azannes-et-Sousmazannes par le comité d’itinéraire la Meuse à vélo EuroVelo 19 qui regroupe la Meuse, les Vosges, la Haute-Marne et les Ardennes. L’initiative vise à structurer, professionnaliser et améliorer ce parcours créé en 2012 et labellisé en mars 2019. Ce séminaire est avant tout révélateur d’un choix stratégique pour la Meuse qui souhaite communiquer autour de la diversité de son offre touristique et de ses atouts, adressant un message clair : «le vélo peut être une nouvelle porte d’entrée pour le territoire qui ne veut pas seulement être reconnu et cantonné au tourisme de mémoire», estiment les experts de Meuse Attractivité en charge de l’animation de ce dossier. Si l’itinérance cyclable est une réalité de consommation, boostée par les touristes étrangers, il reste encore aux territoires à renforcer leur offre d’hébergement à la nuitée jugée encore insuffisante, à mieux se coordonner et impliquer les professionnels afin de conforter les retombées économiques à l’heure où le prix à la pompe freine certains usagers qui pourraient se tourner vers le slow tourisme. La Région Grand Est l’a bien compris en se dotant d’un plan Vélo avec un budget historique de 125 millions d’euros entre 2022 et 2028, s’appuyant sur la mise en œuvre d’infrastructures cyclables avec l’ambition de faire de la filière vélo un levier économique pour que «le Grand Est soit une destination cyclotouriste attractive».

«Le vélo peut être une nouvelle porte d’entrée pour le territoire»

La consommation boostée du cyclotourisme

Les retombées économiques directes du tourisme à vélo sont estimées à 4,6 milliards d’euros pour une filière qui génèrerait, selon la DGE, 33 800 emplois dont la moitié dans l’hébergement et la restauration mais aussi dans les commerces locaux. Les impacts indirects seraient évalués à 11,4 milliards d’euros pour 76 200 emplois, «faisant du tourisme à vélo l’un des 65 secteurs économiques ayant les plus forts effets d’entraînement sur l’économie française».