L'impact du conflit au Moyen-Orient est déjà perceptible. Tel est le constat du baromètre Bpifrance Le Lab et Rexecode « Trésorerie, Investissement et Croissance des TPE-PME » du second trimestre 2026, publié le 19 mai dernier. Tensions sur les marchés des matières premières et en particulier, des hydrocarbures, ralentissement du trafic mondial... Les effets du conflit au Moyen-Orient se font déjà sentir sur l'économie française, et notamment sur les PME et TPE : 62% d'entre elles observent des effets négatifs sur leur trésorerie ou leurs résultats. Le quart juge cet impact déjà « fort ». A contrario, 28% des PME et TPE ne perçoivent pas encore de conséquences ; 9% se considèrent même « non exposées ».
De fait, les secteurs sont très diversement affectés. La quasi-totalité des dirigeants d'entreprises de transport déclarent que leur société est impactée. Commerce et construction sont plus touchés que la moyenne. Industrie et tourisme le sont aussi, même si dans une moindre mesure. En revanche, à date, les activités de service demeurent relativement préservées. L'ensemble des PME et TPE touchées par la crise identifient quatre impacts. Le principal d'entre eux : la hausse des coûts des matières premières énergétiques ( pétrole et gaz). Les trois quarts des PME et TPE se déclarent affectées par cette tendance, en particulier dans les secteurs de la construction et des transports. Un tiers d’entre elles désignent, comme deuxième impact, la hausse du prix d'intrants de production non énergétiques (pétrochimiques, métalliques, agricoles...). Les PME de l'industrie et de la construction sont particulièrement concernées. Un troisième impact perturbe l'activité des PME et TPE : les difficultés d’approvisionnement qui résultent du ralentissement du trafic maritime et des hausses de prix . 57% d’entre elles se déclarent affectées, une proportion qui reste très inférieure au pic de 78% atteint à l’été 2022. Quatrième impact : 26% des PME et TPE constatent un « attentisme de la part de leurs clients », qui engendre une baisse des commandes. Tourisme et services sont en première ligne.
Répercuter la hausse des prix
Au total, 10% des PME et TPE jugent que ces difficultés perturbent fortement leur activité, un niveau pour l'instant deux fois moindre que le pic de 2022. Néanmoins, les conséquences sur la trésorerie et la politique des prix sont déjà perceptibles : 69% des TPE/PME affectées par une hausse des coûts prévoient de la répercuter sur leurs prix de vente, au moins partiellement. Parmi elles, 18% envisagent de répercuter la totalité de l’augmentation.
Autre sujet d'inquiétude, l’effet sur la trésorerie : 15 % des TPE/PME exposées au conflit, qu’elles subissent déjà des répercussions ou pas encore, jugent leur trésorerie actuellement insuffisante pour pouvoir absorber le choc lié au conflit. Cette proportion atteint 25 % chez celles subissant déjà un impact important. En conséquence, le quart de l'ensemble des PME et TPE envisagent d'avoir recours à des lignes de financement spécifiques pour absorber ce choc ; 4% d'entre elles l'ont déjà fait.
Pour l'instant, les intentions d'investissement des entreprises n'ont pas été réellement remises en cause par la guerre : 46 % des dirigeants de TPE / PME anticipent d’investir cette année ou l’ont déjà fait, en très légère hausse sur le trimestre, comme sur un an (+1 point). Mais les montants prévus diminuent. Au total, 39% des entreprises qui comptent investir en 2026 ( + 5 points) prévoient de réduire ce budget, contre 18% qui pensent l’augmenter (stable). Il s'agira , pour l'essentiel, de renouveler ou de moderniser des installations et beaucoup moins d'augmenter des capacités de production ou de lancer de nouveaux produits ou services.