Portrait

Méan : trois générations, un alambic et une passion intacte

Depuis plus de 50 ans, la distillerie Méan s’est développée entre savoir-faire artisanal et idées nouvelles. Désormais, Anne et Marine, la mère et la fille, gèrent chacune un aspect de l’activité, l’une en Côte-d’Or, l’autre en Saône-et-Loire.

La distillerie Méan Mère et Fille compte désormais une boutique et un atelier à Nicey et à Igé. © Distillerie Méan

La distillerie Méan Mère et Fille compte désormais une boutique et un atelier à Nicey et à Igé. © Distillerie Méan

La distillerie Méan, c’est une histoire de famille, de père en fille d’abord, puis de mère en fille aujourd’hui. Dans les années 50, Albert Méan, agriculteur en Côte-d’Or, cherchait une activité pour occuper ses hivers. «Il a racheté des alambics pour se lancer dans une activité de distillateur ambulant pour les particuliers de Côte-d’Or» raconte Charline Méan, troisième génération à travailler dans l’entreprise familiale. En 1978, Albert s’établit à Nicey pour élaborer ses propres productions, notamment de l’eau-de-vie. Six ans plus tard, sa fille Anne le rejoint, ancrant définitivement la distillerie sur son territoire. «Puis ils ne se déplaçaient plus, les clients venaient, notamment les viticulteurs qui voulaient faire leur marc» poursuit Charline Méan.

 

De génération en génération

En 1987, Anne Coste développe une activité de macération pour créer des liqueurs et des crèmes de fruits. La distillerie compte désormais une dizaine de produits, des eaux-de-vie à la mirabelle, la poire ou la framboise en passant par les crèmes et liqueurs de cerise ou de cassis en passant par le ratafia et sans oublier une liqueur de plante. «C’est une recette de famille, inventée par mon grand-père entre le Génépi et la Chartreuse jaune. Il l’a appelé la Gilane pour combiner les prénoms de mon oncle et de ma mère» confie-t-elle. Depuis 2023, Marine Coste l’a rejointe après des études dans le tourisme, une expérience au Canada et un emploi dans un domaine viticole en Saône-et-Loire. «Je voulais vendre mes propres bouteilles» résume Charline Méan pour expliquer son souhait de travailler avec sa mère. La distillerie Méan s’est féminisée jusque dans son nom et continue à se renouveler sous l’impulsion des deux femmes. «Ma mère, passionnée de la période médiévale, a imaginé l’Hypocras, du vin dans lequel nous faisons macérer des épices comme ça se faisait à l’époque» se souvient-elle.

Continuer à se renouveler

Les deux femmes perpétuent un savoir-faire artisanal et local, distillé en petites quantités dans les alambics d’origine. Si Anne Coste dirige la boutique de Nicey (Côte-d’Or), Marine Coste a inauguré en 2025 un second atelier-magasin à Igé (Saône-et-Loire). Elles y proposent désormais des ateliers de découverte et un volet événementiel pour partager leur tradition. Marine Coste y a imaginé des ateliers cocktail associant une partie théorique sur la distillerie et la réalisation d’un cocktail à base d’eau-de-vie. «Nous expliquons aussi le procédé de macération pour les crèmes et les liqueurs avant que les participants ne reproduisent une recette» détaille-t-elle. Désireuse de proposer des nouveautés, en 2025, elle a mis en place un bar à cocktail ambulant. «J’ai créé des recettes que je peux faire déguster pour un évènement en entreprise, en famille ou pour animer des marchés nocturnes.» Pour perpétuer la tradition, la cadette projette de lancer une crème d’amande locale façon Amaretto, ajoutant ainsi sa touche personnelle au catalogue historique de l’entreprise.


Pour Aletheia Press, Nadège Hubert