Réalisée par Ipsos BVA auprès de 13 400 personnes, l’enquête fait état d’une hausse de six points depuis 2024, contre 31% au niveau national. Cette fragilité s’explique notamment par la dépendance à la voiture : 77% des Normands l’utilisent comme principal moyen de déplacement, contre 72% en France, et jusqu’à 89% dans les zones rurales ou périurbaines peu denses.
Pourtant, 55% estiment ne pas avoir réellement le choix de leur mode de transport. Au total, 38% ont déjà renoncé à un déplacement pour économiser. Le budget mensuel consacré aux mobilités atteint 225 euros en moyenne, et 252 euros dans les territoires ruraux. Les ménages les plus vulnérables sont particulièrement concernés : la précarité mobilité touche 79% des personnes sous le seuil de pauvreté, 66% des familles monoparentales et 61% des demandeurs d’emploi. Ces difficultés conduisent à des arbitrages sur les besoins essentiels. Ainsi, 16% des habitants ont réduit leurs dépenses alimentaires et 12% celles liées à la santé pour financer leurs trajets.
Quatorze pour cent ont renoncé à un rendez-vous médical, tandis que 8% ont abandonné un emploi ou une formation faute de pouvoir s’y rendre. Wimoov appelle les pouvoirs publics à garantir un véritable droit à la mobilité, en développant les conseillers mobilité, les alternatives à la voiture et l’information sur les aides. L’association souhaite ramener la précarité mobilité sous dix millions de personnes d’ici 2032.