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Population

Présidentielle : les réponses des candidats face à l'urgence démographique

Quelle politique publique, face au choc démographique ? Invités par la Fédésap qui réunit les professionnels des métiers du soin, des candidats à la présidentielle ou leurs représentants se sont affrontés sur cet enjeu majeur.

© 2April / Adobe stock.

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La saison des grands oraux a démarré pour les candidats à l'élection présidentielle – et leurs porte-paroles. «Le choc démographique est déjà là : qui prendra soin de qui demain ?» : telle est la question à laquelle se sont efforcés de répondre cinq d'entre eux, le 16 septembre à Paris. C'était dans le cadre du congrès annuel de la Fédésap, Fédération des services à la personne et de proximité (4 300 adhérents, 1,6 million de salariés ) qui regroupe les professionnels de l'aide et de l'accompagnement aux personnes âgées, spécialistes du soin à domicile ...(26 métiers).

De fait, l'évolution démographique de la France devrait imposer au prochain locataire de l’Élysée de prendre des décisions structurantes sur le thème proposé par la Fédésap. La France vieillit et fait moins d'enfants. 22% des Français ont déjà 65 ans ou plus, soit presque autant que les moins de 20 ans. Et en 2040, 15% de la population pourrait avoir 75 ans et plus. Déjà, le modèle social actuel craque de toute part sous l'effet de la démographie, ont illustré de multiples interventions, tout au long du congrès.

Devant un auditoire attentif, les candidats et leurs représentants se sont tous accordés sur la nécessité de revaloriser les métier concernés. «Il faut donner leur juste valeur à ceux qui accompagnent le quotidien. Nous allons avoir besoin de 200 000 emplois en autonomie d'ici 2050. Pour recruter, nous devons créer une véritable filière», a par exemple expliqué Violette Spillebout, députée du Nord, qui représentait Gabriel Attal (Renaissance) . «Ces métiers méritent d'être reconnus, soutenus», a déclaré Laure Lavalette, représentante de Marine Le Pen (Rassemblement National). François Ruffin, candidat pour Debout ! a consacré une partie importante de son intervention à la défense de ces «métiers du lien», «travailleurs essentiels» qui «cumulent les fragilités » ( population féminine, populaire, pour partie immigrée...). Il a notamment promis la fin des «faux temps partiels», une revalorisation des rémunérations, la création de passerelles entre les professions (par exemple, entre aide-soignante et infirmière) qui permettent de bâtir des carrières.

Exit l'Ehpad. Et les immigrés ?

Les écologistes pointent un enjeu spécifique à traiter, dans la problématique de la démographie : à la base de tout, il y a la «la santé environnementale», insiste Anne Souyris, au nom de Marine Tondelier (Les Écologistes). Le parti préconise des mesures pour améliorer l'hygiène de vie de la population, et, partant, sa santé, condition de la reproduction. Mais ce sont tous les candidats qui s'accordent sur la nécessité de favoriser les naissances- par des moyens divers- et aussi, de modifier le système social. A ce titre, un point de convergence majeur entre tous les candidats, la priorité donnée au vieillissement à domicile. Porte-parole d'Édouard Philippe (Horizon), François Gernigon veut un «virage domiciliaire». Il prévoit une batterie de mesures destinées à retarder au maximum la perte d'autonomie : adaptation des logements, meilleurs coordination des services …

D'autres sujets divisent les candidats, à l'image des modes de financement des dispositifs et aussi la question du recours aux immigrés dans les métiers de service à la personne, une réalité massive. «Je ne mise pas sur l'immigration (…) On va faire en sorte de faire travailler les Français», affirme Laure Lavalette. François Gernigon veut activer les deux leviers, celui des personnes immigrées et celui des chômeurs. Mais pour Anne Souyris, le véritable enjeu réside dans la meilleure manière de former et d'intégrer ces personnes indispensables au système : «Il s'agit d'une révolution sociale très importante pour faire société. Aujourd'hui, on cache cette situation, alors qu'il faut la régulariser», avance-t-elle.