Les conduites addictives dépassent le strict cadre sanitaire pour impacter l'ensemble du tissu socio-économique, de l'entreprise jusqu'aux tribunaux. C'est ce constat qui a réuni, le jeudi 15 octobre dernier au Palais de Fervaques de Saint-Quentin, des avocats, des professionnels de la santé et des responsables de la justice. Cette 6e édition s’est organisée autour du thème de “l'addiction : comprendre, soigner, encadrer", l'événement visait à coordonner les réponses de professionnels souvent confrontés aux mêmes publics. Organisé conjointement par le barreau de Saint-Quentin, l'Ordre des médecins et le tribunal judiciaire, l'événement a accueilli «une centaine de participants. Certains viennent chaque année, notamment des confrères avocats de Paris et de Lille», constate Me Christophe Donnette, l’un des organisateurs.
Un éclairage autour d’une table ronde
La table ronde matinale, animée par le Bâtonnier Christophe Donnette, a permis de poser le cadre clinique. Le témoignage de Jérôme Thomas, boxeur médaillé aux Jeux Olympiques d'Athènes, a offert un éclairage singulier sur les mécanismes de la dépendance. À ses côtés, des professionnels de terrain, dont le docteur Léa Chevalier-Roullier, addictologue au centre hospitalier de Saint-Quentin et Sandrine Dobbelaere, directrice de l'association Oppelia Horizon, ont détaillé les réalités des parcours de soins.
Débat sur les nouveaux modes de traitement
L'après-midi, les congressistes ont analysé les ramifications techniques de l'addiction à travers plusieurs ateliers. La médecine du travail s'est particulièrement imposée comme un premier rempart. Les intervenants ont rappelé que le milieu professionnel est directement impacté par ces phénomènes, ce qui exige une politique de prévention et de détection structurée au sein des entreprises. D'autres groupes de travail se sont penchés sur l'émergence de nouvelles substances, la soumission chimique étudiée par la médecine légale, ou encore les mécanismes psychologiques du psycho-trauma.
Sur le plan pénal, magistrats et avocats ont débattu des nouveaux modes de traitement, notamment la «justice résolutive de problèmes». Inspirée d'expérimentations anglo-saxonnes, cette approche cherche à engager les auteurs d'infractions multirécidivistes dans un parcours thérapeutique pérenne, dépassant ainsi le cadre strict de la seule sanction punitive. La présidente du tribunal judiciaire de Saint-Quentin, Rosemarie Hunault, a clôturé cette journée de travaux en réaffirmant qu'une coopération étroite entre le monde soignant et l'institution judiciaire est aujourd'hui indispensable pour endiguer l'évolution des pratiques addictives.