En bref

L’épopée du général Leclerc à découvrir au château de Tailly-l’Arbre-à-Mouches

Jusqu’au 30 septembre, le grand public peut visiter gratuitement le parc du château et le musée dédié au libérateur de Paris, sur la commune de Tailly dans la Somme. Cette année est particulière avec la sortie au cinéma des deux films de «La bataille De Gaulle», grands succès populaires dans lesquels le général Leclerc est incarné par Niels Schneider. 

Depuis quelques semaines, grâce aux deux films «La bataille de Gaulle : l’âge de fer» et «La bataille de Gaulle : j’écris ton nom» d’Antonin Baudry, le grand public redécouvre le général Leclerc, personnalité inclassable et déterminante de l'histoire de France. Né à Belloy-Saint-Léonard en 1902, à 30 km à l'ouest d'Amiens, Philippe de Hauteclocque reçoit le château de Tailly-l’Arbres-à-Mouches lors de son mariage en 1925 : «Très vite, Leclerc s’est attaché à cette propriété. C’était sa base, c’était ses racines. Lieutenant, il y venait à chacune de ses permissions. Il retrouvait la vie de famille. Il veillait à la bonne gestion du domaine composé de terres et de bois. Il chassait, lui qui avait été initié dès le plus jeune âge», explique Bénédicte Coste Leclerc de Hauteclocque, sa petite-fille qui en est propriétaire.

Leclerc : son nom de résistant

C’est son père Hubert, en 1995, qui décide d’ouvrir gratuitement le parc et un musée, aménagé dans une grange, au grand public : «Mon père a dédié sa vie à transmettre l’épopée de son père, confie-t-elle. Il ne faut pas qu’elle tombe dans l’oubli. Les deux films d’Antonin Baudry sont en cela formidables». 

Dès 1940, celui qui n’est encore que Philippe de Hauteclocque entre en résistance et rallie De Gaulle. Pour protéger sa famille, il prend un nom d’emprunt : Leclerc, car très courant dans la région. À la tête de la Deuxième division blindée, créée au Maroc, il débarque en Normandie le 1er aout 1944 avec 15 000 hommes avant de libérer Paris en août puis Strasbourg le 23 novembre.

Six lettres blanches sur un char

Enfin, le 5 mai 45, sa deuxième DB est la première à parvenir au nid d’aigle d’Hitler à Berchtesgaden. Le 18 juin 1945, lors du défilé de la victoire, Leclerc parait à bord d’un char tagué Tailly en blanc, preuve de l’amour qu’il avait pour sa région et ses habitants. L'administration française officialise l'union de ses deux noms : «Plus je découvre de détails, plus je trouve cette histoire extraordinaire, confie sa petite fille. Leclerc c’était l’audace, la rapidité, l’intelligence». 

Mauvais sort, en novembre 1947, son avion, baptisé Tailly 2, s’écrase dans le désert du Sahara. La France perd son héros, sa femme Thérèse, son mari, et ses six enfants leur père. Il est élevé au grade de maréchal à titre posthume cinq ans plus tard. «À quelques uns, ils ont dit non à l’armistice de 1940 et à Pétain, souligne Didier Guillerand avec émotion, historien local, qui assure des visites guidées du parc et du musée gratuites sur réservations. Il a toujours eu en tête la vision de Gaulle et de mettre l’envahisseur dehors. Grâce à son caractère, sa volonté et son patriotisme, il a toujours gardé espoir».