Neomat CAM sera la première usine en France à fabriquer des matériaux actifs de cathode (CAM), un composant essentiel des batteries pour véhicules électriques. D’ici la fin 2028, elle devrait en produire 40 000 tonnes par an. Mais l’usine sera dimensionnée pour pouvoir monter la production à 80 000, si les besoins du marché le justifient. Ses clients seront les fabricants de batteries installés dans les Hauts-de-France et en Europe auxquels elle va garantir un approvisionnement sécurisé. L’usine pourrait ainsi participer à l’équipement en batteries de 500 000 véhicules électriques par an, voire ensuite un million dans un deuxième temps, ce qui représente environ 10% du marché européen d’ici 2035, selon les estimations d’Orano.
La coentreprise formée par le chinois XTC New Energy et le français Orano a consenti à un investissement de 500 millions d’euros pour concrétiser ce projet industriel stratégique qui conforte le territoire de Dunkerque comme pilier européen de la mobilité électrique, l’un des vecteurs de sa réindustrialisation.
Vers l'implantation de deux autres unités de production
Présent à la cérémonie de pose de la première pierre, le ministre de l’économie, Roland Lescure, a souligné combien ce projet «illustrait la stratégie industrielle de la France : électrifier, réindustrialiser et attirer des investissements étrangers pour bâtir une chaîne de valeur européenne de batteries solide et souveraine», ajoutant que le partenariat entre XTC New Energy et Orano «permettait de créer à Dunkerque un maillon stratégique supplémentaire de la filière de la voiture électrique dans les Hauts-de-France, indispensable pour sortir de la dépendance aux hydrocarbures».
Cette implantation industrielle est aussi une bonne nouvelle pour l’emploi. A terme, l’usine prévoit l’embauche de 400 personnes, auxquels il faut ajouter la promesse de 200 emplois indirects. Et ceux-ci pourraient être encore plus nombreux puisque l’arrivée de Neomat CAM n’est que le premier échelon d’un projet beaucoup plus vaste : d’ici quelques années, la coentreprise franco-chinoise prévoit également l’implantation d’une seconde usine de fabrication de matériaux pour batteries, les PCAM, une poudre noire qui sert à fabriquer les CAM. La coentreprise veut également se placer en aval de la filière de la batterie électrique. Ainsi, elle ambitionne d’implanter une troisième unité de recyclage des rebuts de batteries électriques des méga-usines et de batteries en fin de vie. Au total, ce sont près de 1,5 milliard d’euros qui pourraient être investis sur le territoire de Dunkerque et 1 300 emplois créés.