Il y a quatre ans, le propriétaire du local situé au 18 rue du Maréchal-Joffre a décidé de faire de cet espace un lieu d’accueil pour les créateurs. «Beaucoup de concepts et de pop-ups se sont succédé. C’était intéressant, mais les clients ne savaient jamais quand c’était ouvert, ni ce qu’ils allaient y trouver. Il y a un an et demi, j’ai donc proposé d’y installer une boutique d’artisans de façon plus pérenne», explique Pia Delplanque, fondatrice de l’Atelier d’Aéris (fleurs séchées et naturelles, compositions avec des pierres naturelles, gravures et dessins) et première à avoir investi les lieux.
Aujourd’hui, huit créatrices et créateurs s’y partagent l’espace, auxquels s’ajoutent un ou deux talents temporaires en rotation. «Nous assurons tous des permanences, certains travaillent également sur place et nous organisons des ateliers», détaille-t-elle. «Cela offre davantage de visibilité à chacun et permet de créer des passerelles entre nous. C’est un lieu très vivant et chaleureux où l’on aime se retrouver».
Huit artisans, un même état d’esprit
Pour intégrer le collectif, un seul critère prime : la bonne entente. «Il faut être sympa, cela me paraît être une base essentielle», sourit Pia Delplanque, qui sélectionne les nouveaux arrivants en veillant à limiter la concurrence entre les différents savoir-faire. Dans la boutique, les créations ne sont volontairement pas regroupées par artisan. «J’ai fait le choix de mélanger au maximum les produits, parce que je ne veux pas que les gens viennent voir quelqu’un en particulier sans découvrir le travail des autres», explique-t-elle.
Une scénographie en perpétuelle évolution, au gré des nouvelles créations. En complément de la vente, Kraft propose également des ateliers ouverts aux enfants comme aux adultes : art floral, marqueterie de paille ou encore fabrication de savons et de shampoings solides. Au fil des mois, ces rendez-vous sont devenus un véritable outil de visibilité pour les artisans.
Des rencontres qui deviennent une stratégie
Si la cohabitation crée d’abord des liens, elle débouche surtout sur des collaborations concrètes, pensées comme un véritable levier de développement. Les savoir-faire se combinent ainsi pour donner naissance à de nouveaux produits. «Avec Pauline, qui propose des créations upcyclées, nous avons eu l’idée de travailler ensemble. Grâce à ses talents de couturière et à mes bougies, nous proposons aujourd’hui des coussins parfumés», explique Isabelle Boisgard, fondatrice de la marque Pot de Senteur.
«C’est extrêmement stimulant de travailler ensemble», confie Pauline. Venue du monde de la mode elle s'est tournée vers la décoration, un secteur où, selon elle, l’upcycling rencontre davantage son public. Elle a également confectionné un coussin avec le même tissu utilisé par une créatrice d’abat-jour, créant ainsi de nouvelles passerelles entre les univers présents dans la boutique. «Sans Kraft, nous n’aurions sans doute jamais eu l’idée de travailler ensemble. Les possibilités sont infinies et cela nous permet aussi de progresser, d’explorer de nouvelles pistes», analyse Isabelle Boisgard.