Dossier
Culture et loisirs

Ruralité : le poumon vert de la culture

Si les territoires ruraux ont longtemps souffert d’une absence d’offre culturelle, les acteurs locaux ont su insuffler une dynamique en jouant la carte des partenariats pour réinventer de nouveaux modèles, au plus près des populations. Des expérimentations inattendues, bien loin du cliché de désert culturel associé aux villages, sans vie.

© Chambre agriculture Meuse- Rencontre entre culture et agriculture dans une exploitation meusienne.

© Chambre agriculture Meuse- Rencontre entre culture et agriculture dans une exploitation meusienne.

Un défaut d’équipement, une faible densité de population et des problèmes de mobilité. Face à cette réalité, comment lever les freins dans les territoires ruraux où l’offre culturelle ne se trouve pas en traversant la rue ? Si pendant longtemps, la seule solution pour assister à une représentation théâtrale ou à un concert, était de prendre sa voiture pour rejoindre l’agglomération urbaine voisine, force est de constater qu’une multiplication d’initiatives émerge du terrain. Cette structuration est portée par la coopération, la mobilisation et l’innovation. Une stratégie partagée par de nombreuses collectivités, à l’image de la Communauté de communes Les Vosges Côtes Sud-Ouest qui a misé sur la culture pour mieux accompagner la santé mentale de ses habitants. À l’heure où la démarche est contractualisée dans le contrat local en santé, l’ambition est de créer un environnement «où il fait bon vivre». Création de spectacles-événements éphémères avec les paysages comme décors et en itinérance pour les uns quand d’autres souhaitent faire (re)découvrir des lieux patrimoniaux… Chaque projet répond à la spécificité d’un territoire et à l’engagement d’acteurs qui n’ont pas l’habitude de se côtoyer.

Aventure collective

C’est en tout cas tout l’enjeu du rapprochement entre la chambre d’agriculture de la Meuse et la MJC Contre-Courant de Belleville labellisée Scène de musiques actuelles. Toutes deux ont fait le choix d’unir leur force autour d’une aventure inédite, six dates pour six offres culturelles qui se déploient dans six exploitations agricoles du nord meusien, appartenant toutes au réseau Bienvenue à la ferme. L’ambition est de démontrer que la valorisation de productions locales d’un côté et de spectacles vivants de l’autre ne s’oppose pas, bien au contraire. Si la dynamique s’intensifie, le mariage entre culture et ruralité n’est toutefois pas nouveau. La preuve avec l’association Le Vent des forêts, qui depuis quasiment trente ans fait rimer ruralité avec art contemporain. Chaque année, plasticiens, sculpteurs ou designers posent leur valise chez l’habitant pour créer, en pleine nature. Le 11 juillet prochain, sept nouvelles œuvres seront dévoilées au grand public et rejoindront les 150 créations disséminées parmi les 5 000 hectares de forêt meusienne. Bien loin de l’image d’Épinal de territoires moribonds et endormis, les départements ruraux regorgent d’expérimentations, toutes mises au service d’une dynamique locale et d’une attractivité recherchée. Reste que cette offre particulièrement pensée dans une logique saisonnière, notamment l’été, ne doit pas négliger l’hiver, réputé saison morte pour s’approprier un temps plus long.

«Les départements ruraux regorgent d’expérimentations, toutes mises au service d’une dynamique locale»