Interview

À La Longueville, «construire l’avenir sans oublier ses racines»

Maire de La Longueville, environ 2 000 habitants, Amandine Caudrelier défend une action municipale fondée sur la proximité et le lien social avec comme priorités l’école, la santé, les finances et le cadre de vie. Sa philosophie ? Construire l’avenir sans oublier ses racines.

Quelle vision souhaitez-vous porter au cours de ce mandat ?

Ma vision repose avant tout sur l’humain, sur la proximité. Dans une commune comme La Longueville, il faut que chacun puisse se sentir bien dans son village, quel que soit son âge, et avoir le sentiment d’y avoir sa place. La mairie appartient d’ailleurs à tous les habitants. Elle doit être un lieu d’échanges et d’écoute. Je suis également très attachée à l’histoire de notre commune (ma famille y habite depuis quatre générations) et je pense que nous devons nous appuyer sur nos racines pour construire l’avenir. Cela ne signifie pas vivre dans le passé, mais préserver ce qui fait notre identité et ce qui nous rassemble.

Quels sont aujourd’hui les principaux projets que vous souhaitez engager ou concrétiser ?

Le premier projet, je dirais même challenge, est financier. Nous avons hérité d’une situation compliquée et notre priorité est de retrouver progressivement un équilibre dans les comptes de la commune. Cela nous conduit à privilégier l’amélioration de l’existant plutôt que de multiplier les nouvelles constructions, car il est souvent plus pertinent de rénover et d’entretenir. Lorsqu’on laisse les bâtiments se dégrader, les coûts deviennent ensuite beaucoup plus importants. L’école est également un sujet majeur. Les bâtiments ont peu évolué depuis près de quarante ans et ne correspondent plus totalement aux besoins actuels.

La quête de sens guide mon action

Nous devons engager une réflexion globale sur leur rénovation : chauffage, sanitaires, restauration, garderie, mais aussi adaptation aux épisodes de fortes chaleurs. Les usages ont changé et nous accueillons davantage d’enfants à la cantine et en garderie. Nous devons donc proposer des conditions adaptées aux familles. Cette rénovation devra naturellement intégrer les enjeux énergétiques et environnementaux, avec une réflexion sur la production d’énergie et une école plus durable. Mais l’avenir de l’école ne se limite pas aux bâtiments. Nous souhaitons aussi encourager des approches pédagogiques innovantes. Le sport, la musique ou d’autres formes d’éducation expérimentale peuvent contribuer aux apprentissages et au développement des enfants. 

Comment comptez-vous préserver les services de proximité, notamment dans le domaine de la santé ?

La santé est une préoccupation essentielle, particulièrement dans les territoires ruraux. Nous avons eu la chance d’accueillir un nouveau médecin, ce qui permet d’assurer une continuité des soins de proximité. C’est aujourd’hui un enjeu majeur compte tenu de la pénurie médicale. Notre rôle est de créer les meilleures conditions possibles pour attirer et accompagner les professionnels. Cela passe par la mise à disposition de locaux, mais nous réfléchissons également à d’autres solutions, notamment pour faciliter les gardes médicales avec des possibilités d’hébergement. Nous souhaitons aussi préserver et, si possible, développer l’offre paramédicale. Une commune attractive, c’est une commune où l’on peut trouver les services essentiels au quotidien.

Quel avenir souhaitez-vous pour La Longueville dans les prochaines années ?

À mes yeux, il est important de prendre soin de notre cadre de vie et de notre environnement pour donner envie aux habitants de rester, mais aussi à de nouvelles familles et à de nouveaux professionnels de venir s’installer. Nous voulons valoriser nos entreprises, nos artisans et nos commerces, tout en imaginant des partenariats innovants avec les acteurs économiques locaux. Des réflexions existent notamment autour de l’énergie produite localement ou de projets de formation. Nous souhaitons également mieux valoriser nos chemins et sentiers de randonnée, notre territoire possède des atouts qu’il faut faire connaître. Notre ambition est finalement de préserver l’identité de La Longueville tout en la préparant aux défis de demain. Être maire est devenu administrativement de plus en plus complexe, mais je reste convaincue que tout doit partir d’une question essentielle : pourquoi faisons nous cela et pour qui ? C’est cette quête de sens qui doit guider notre action pour construire un avenir dans lequel chacun trouve sa place.