À compter du 1er août prochain, les conducteurs de trottinettes et d’engins de déplacement personnel motorisés (EDPM) devront porter un casque conforme et attaché pour circuler sur la voie publique. Cette décision prise par la préfète Fanny Anor intervient dans un contexte d'une hausse très préoccupante des accidents impliquant des trottinettes électriques, gyropodes, monoroues et hoverboards dans le département.
Hausse de l'accidentalité
En effet, les données de l’observatoire départemental de sécurité routière révèlent une détérioration de l’accidentalité concernant les EDPM avec 2 tués en 2025 et 1 tué depuis janvier 2026 ; 20 blessés (dont 12 hospitalisés) sur la même période ; +61 % d’interventions des secours entre 2023 et 2025 pour des accidents impliquant des EDPM. Et l'observatoire relève que 100 % des victimes n’étaient pas équipées d’un casque. En s'appuyant sur ces chiffres, couplés à une forte augmentation nationale des décès (79 morts en 2025 contre 35 en 2022), justifient une mesure forte et immédiate pour protéger les usagers, désormais classés parmi les plus vulnérables de la route, aux côtés des piétons et des cyclistes.
De ce fait, à partir du 1er août, le non-port du casque sera passible d’une amende de 35 € (2ᵉ classe). La préfecture rappelle que d’autres infractions (débridage, circulation sur trottoir, etc.) restent sanctionnées jusqu’à 1 500 € et une confiscation possible du véhicule. En complément de cette nouvelle mesure départementale, la conduite d’une trottinette électrique ou d’un EDPM reste soumise à un âge minimum : 14 ans révolus ; à une vitesse limitée : 25 km/h (débridage interdit) ; au port d'équipements obligatoires : feux avant/arrière, catadioptres, freins, avertisseur sonore ; à la souscription d'une assurance : souscription obligatoire (responsabilité civile). Il est enfin rappelé qu’il est interdit de transporter un passager, d’utiliser des écouteurs ou un téléphone, et de circuler sur les trottoirs (sauf autorisation expresse).
«Les chiffres sont sans appel : le casque sauve des vies»
«La sécurité de tous est notre priorité absolue, rappelle Fanny Anor, préfète. Dans l’Aisne, comme ailleurs, les trottinettes électriques ont transformé nos habitudes de mobilité, mais cela ne doit pas se faire au prix de mises en danger. Les chiffres sont sans appel : le casque sauve des vies. Cet arrêté est un acte de responsabilité collective pour que chacun puisse circuler en toute sérénité». La mesure prise au niveau départemental permet aussi d'uniformiser les règles alors que huit communes axonaises dont Laon ou encore Tergnier, avaient déjà fait le choix de rendre le port du casque obligatoire pour les conducteurs d’EDPM. Les forces de l’ordre multiplieront les actions pour s’assurer du respect de cette nouvelle obligation, avec une première phase de pédagogie.